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jeudi 5 novembre 2009

L'UA appelle les leaders malgaches à prendre leurs responsabilités

Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, a renvoyé dos à dos mardi les dirigeants politiques malgaches, les appelant à prendre leurs responsabilités, lors de l'ouverture d'une réunion pour sortir la grande île de la crise politique.

L'actuel homme fort de Madagascar, Andry Rajoelina, le président évincé en mars Marc Ravalomanana et deux anciens chefs d'Etat, Didier Ratsiraka et Albert Zafy, participent à cette réunion au siège de l'UA à Addis Abeba qui vise à mettre en oeuvre un partage du pouvoir pendant une période de transition fixée à 15 mois par les accords de Maputo signés le 9 août.

"La situation actuelle à Madagascar est caractérisée par une lassitude quasi-générale ressentie légitimement au niveau de la population", a rappelé M. Ping aux quatre chefs de file.

"La responsabilité des uns et des autres, devant l'Histoire, est pleinement engagée, et aucune considération particulière, aussi légitime fût-elle, ne saurait valoir devant la primauté indiscutable de l'intérêt général", a-t-il estimé.

"Est-ce que Madagascar sortira de la crise?"

En tant que "doyen d'âge des chefs de file des mouvances politiques malgaches", l'ancien président Zafy a prononcé un discours inaugural résumant l'enjeu de cette rencontre.

"Le peuple malgache souffre depuis plus de sept mois, oscillant entre espoir et désespoir", a-t-il dit avant de s'interroger: "Est-ce que Madagascar sortira de la crise? Si c'est oui, alors c'est la fête. Si c'est non, alors c'est un avenir sombre qui s'annonce dont on ne connaît pas la suite".

M. Ping a insisté sur la nécessité pour les chefs de file d'accélérer la mise en oeuvre de ces accords et de la Charte de transition "qui constituent bien l'instrument convenu pour une sortie de crise pacifique, consensuelle et inclusive à Madagascar".

Les accords de Maputo ont notamment dessiné l'architecture d'une transition politique censée mener le pays à une élection présidentielle au plus tard fin 2010.

Selon des sources proches de la médiation, le principal obstacle à l'application des accords est constitué par la position de M. Ravalomanana qui "cherche à reprendre le processus de négociations et d'attribution des postes depuis le début" et à "préserver ses intérêts économiques" dans l'île.

Ravalomanana freine des quatre fers

M. Ravalomanana conteste l'attribution des postes de président, vice-président et Premier ministre de transition, annoncés le 6 octobre à Antananarivo après une réunion entre les quatre mouvances politiques.

Il a récemment martelé qu'il n'accepterait "jamais la nomination d'un auteur de coup d'Etat (Andry Rajoelina) à la tête de la transition".

Lâché par l'armée, M. Ravalomanana avait remis le 17 mars ses pouvoirs à un directoire militaire, qui les avait immédiatement transférés à Andry Rajoelina, l'ex-maire d'Antananarivo, devenu en quelques mois son principal opposant au terme d'un mouvement populaire.

Outre la désignation à la tête de la transition, un Premier ministre de consensus avait été trouvé en la personne d'Eugène Mangalaza, de la mouvance de M. Ratsiraka, en remplacement de Monja Roindefo.

M. Rajoelina a confirmé cette nomination par décret, mais M. Roindefo, le Premier ministre écarté, refuse de quitter la Primature malgré la défection de ses ministres.

lundi 28 septembre 2009

Andry Rajoelina boycotté devant l'ONU

Le président du régime actuellement en place à Madagascar, Andry Rajoelina, a été empêché vendredi de s'exprimer devant l'Assemblée générale de l'ONU à la suite d'une intervention des pays d'Afrique australe.

Intervenant au nom de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC - 15 pays), le ministre des affaires étrangères de République démocratique du Congo (RDC), Alexis Thambwe Mwamba, a soulevé une objection à l'intervention d'Andry Rajoelina, dont la légitimité est contestée par de nombreux pays d'Afrique.

Le président de l'Assemblée générale, Ali Triki, a alors mis une motion au vote, lequel a été favorable à la position de la SADC. La délégation malgache a alors quitté la salle.

Le vote portait sur le point de savoir si une décision antérieure d'autoriser Andry Rajoelina à s'exprimer était valide ou non. Le non l'a emporté par 23 voix contre 4, avec 6 abstentions. L'Assemblée générale de l'ONU compte 192 Etats membres.

On ignorait vendredi soir si ce vote serait définitif ou si la délégation malgache aurait une nouvelle chance de s'exprimer samedi ou lundi, dernier jour du débat annuel de l'Assemblée.

Lâché par l'armée et sous la pression de la rue, le président de Madagascar réélu en 2006, Marc Ravalomanana, avait été contraint le 17 mars dernier de remettre ses pouvoirs à un directoire militaire qui les avait immédiatement transférés à son rival, M. Rajoelina.

De nombreux pays et organisations, dont la SADC, l'Union européenne (UE) et l'Union africaine (UA), considèrent cette prise de pouvoir comme un coup d'Etat et réclament le retour à l'ordre constitutionnel dans ce pays de l'océan Indien.

samedi 26 septembre 2009

Six mois de transition malgache contre vents et marées !

Une fois passé - non sans mal - le cap des négociations de Maputo-1 et Maputo-2, le tandem Andry Rajoelina-Monja Roindefo installé à la tête de la transition malgache depuis le 21 Mars 2009 peine à convaincre les grandes chancelleries, mais continue à attirer les investisseurs internationaux...

Gouvernement unilatéral élargi

Le sommet de Maputo-1 (5-8 Août 2009) a accordé aux Présidents déchus Ratsiraka et Ravalomanana une promesse d'amnistie, au premier pour les évènements post-électoraux de 2002 et au second pour sa condamnation suite au conflit d'intérêts sanctionné en décembre 2008 par les bailleurs de fonds concernant l'achat du Boeing présidentiel "Air Force 2".

Déçu de n'avoir pu confirmer au sommet de Maputo-2 (25-28 Août 2009) sa reconnaissance de fait à la tête du pays, le "ticket" Rajoelina-Monja soutenu par les "Forces de Changement" a mis en place unilatéralement le 07 Septembre 2009 un gouvernement élargi - incluant des hautes personnalités du TIM de l'ex-président Ravalomanana non mandatées par leur mouvance d'origine, comme l'ex-président du Sénat Rajemison Rakotomaharo et le ptésident sortant de l'Assemblée Nationale Jacques Sylla - aussitôt qualifié de "contraire à l'esprit des accords de Maputo " par la SADC et l'Union Africaine.

Parlant au nom des "3 autres mouvances" (Ratsiraka-Zafy-Ravalomanana) co-signataires avec la mouvance Rajoelina de la Charte de Transition de Maputo-1, le Pr Zafy Albert a posé un ultimatum jusqu'au 20 Septembre 2009 à la mouvance Rajoelina, qui refuse de revenir à la table de discussion suite aux incidents violents à Antananarivo du 11 Septembre 2009. Le gouvernement-bis de Monja Roindefo recourt à l'emprisonnement des investigateurs présumés et des fauteurs de ces troubles attribués au camp adverse, tandis que la population de la Capitale s'attend à une montée de la violence et à de nouveaux affrontements entres factions politiques et forces de l'ordre...

Calculs politiques et mouvances

Au sein de la mouvance Rajoelina au pouvoir, les tensions politiques créées par la reconduction forcée du tandem Andry Rajoelina-Monja Roindefo à la tête de la transition accélère les clivages politiques, dans la perspective des échéances électorales de 2010. En effet, les autorités de transition mettent actuellement en route le processus électoral tracé par la feuille de route des premières Assises d'Ivato du 02-03 Avril 2009, avec l'élection des présidents de Fokontany (cellules administratives de base) en assemblées générales de quartier dans tout Madagascar.

Marquant d'une part la rupture avec la mise en place imposée des "Chefs de Fokontany" sous le régime Ravalomanana (mesure qui avait contribué à rendre impopulaire le parti TIM alors au pouvoir), cette première étape est cruciale pour encadrer la mise à jour des listes électorales dans les plus brefs délais - à défaut d'une refonte totale des listes, difficile à mettre en oeuvre sans appui logistique de la part de la communauté internationale. Pour l'association politique TGV (Tanora Gasy Vonona), cette étape constitue aussi un test à la base, avant de lancer la machine électorale jusqu'au triomphe escompté d'Andry Rajoelina à la présidentielle de 2010.

Cependant, la partie est encore loin d'être gagnée pour Andry TGV, qui doit d'abord faire avaliser en Conférence Nationale le principe d'abaissement de l'âge requis pour la présidentielle (les 3 mouvances opposeront certainement à cette occasion une farouche résistance comme ce fut le cas lors des Assises régionales) et ensuite faire plébisciter ce projet de Constitution "taillé sur mesure" par voie référendaire, si possible avant fin 2009 et avec ou sans aide extérieure aux opérations électorales !

Pour mener à terme son odyssée, Andry Rajoelina comptera sans doute sur ses alliés gouvernementaux, notamment l'AVI de Norbert Lala Ratsirahonana - le constitutionnaliste en chef de la Haute Autorité de la Transition -, l'AKFM de Ny Hasina Andriamanjato - vice-Premier Ministre des Affaires Etrangères -, le MONIMA du Premier Ministre Monja Roindefo et le LEADER FANILO de Manassé Esoavelomandroso (grand universitaire et porte-parole des Forces de Changement).

Enfin, certains dirigeants politiques commencent à se démarquer du "tandem indissociable" Rajoelina-Monja, à l'instar de Roland Ratsiraka, (actuellement co-vice-président de la HAT) fort de son score supérieur à 10% des voix et sa 3e place à la présidentielle du 03 Décembre 2006, remportée par Marc Ravalomanana au premier tour avec 54,79% des suffrages exprimés, suivi par Jean Lahiniriko - également co-vice président de la transition actuelle - avec 11,65% des voix.

En effet, faisant valoir son rôle moteur en 2009 dans l'animation du mouvement de masse en provinces, l'ex-Maire de Toamasina (premer port de l'Est malgache) et leader de l'association politique MTS (Malagasy Tonga Saina - absente notoire du gouvernement élargi de Monja Roindefo) ne se prive pas de critiquer la stratégie de la transition actuelle, notamment sur la conduite des négociations de Maputo et la méthodologie des médiateurs du Groupe International de Contact - accusés de parti-pris en faveurs des "ex-dictateurs" - et n'hésite pas à se présenter déjà comme "le nouveau rassembleur" au-delà des antagonismes des 4 mouvances actuellement sur le devant de la scène politique malgache...

Investissements directs étrangers

Commentant le bilan des 6 mois de gestion de crise du Ministre des Finances de la Transition Benja Razafimahaleo (évincé de la nouvelle équipe de Monja Roindefo, malgré ses résultats); le Representant Résident du FMI à Madagascar note que " les recettes ont permis de couvrir les dépenses de fonctionnement, l'inflation est sous contrôle (bonne récolte, surévaluation de l'Ariary), la politique monétaire a été prudente et les réserves en devises satisfaisantes, mais cette situation ne saurait durer à cause de la crise actuelle ".

Prévoyant sans doute l'échec de Maputo-2, la Haute Autorité de la Transition a récemment commandité les avis d'économistes malgaches pour conforter la position "isolationniste" de la transition actuelle, qu'on peut résumer comme suit: "Puisque les finances intérieures permettent de faire tourner (à vrai dire au ralenti) la machine administrative, pourquoi redouter un blocus international ?" et " Dans le contexte de crise internationale, les bailleurs de fonds auraient plus à perdre à "fermer le robinet de l'aide" que le peuple malgache habitué à se serrer la ceinture, avec ou sans financements extérieurs!". Dans ce contexte, Madagascar ne sera probablement pas invitée au prochain sommet d'Istanbul du FMI, d'après une déclaration de son DG Dominique Strauss-Kahn.

En matière de politique économique, les autorités de transition malgaches restent dans le flou sur les Investissements Directs Etrangers (IDE): on se rappelle à ce propos le projet de location de 1,3 million d'hectares à Daewoo Logistics, reproché à Marc Ravalomanana et thème mobilisateur au début du mouvement de masse en janvier 2009. Installé au pouvoir, le gouvernement de transition a mis de l'eau dans son vin en confirmant la législation foncière autorisant la location de terres aux opérateurs étrangers.
En attendant l'entrée en lice de Total (investisseur à hauteur de 5 milliards de US$ dans les grès bitumineux de Bemolanga dans l'Ouest malgache), deux autres méga-projets miniers sont à déjà pied d'oeuvre, à savoir Sheritt (à la tête d'un consortium d'investissement de 4 milliards de US$ pour l'exploitation de nickel et de cobalt dans l'Est malgache, "un des meilleurs projets au monde" d'après Ian Delaney de Sheritt -à lire sur du 24 Juin 2009: " Sherrit partners reach funding deal for remainder of Ambatovy nickel project ") et QMM (investissement de près d'1 milliard US$ pour l 'exploitation d'ilménite dans le Sud malgache): ces deux projets rencontrent actuellement des résistances de la part des populations locales, délogées ou en voe d'expulsion de leurs terres ancestrales (lopins de terre, village et tombeaux inclus!) pour les besoins d'exploitation minière...

Enfin, la récente ratification par le biais de l'ambassadeur malgache à Port-Louis de l'Accord intérimaire de Partenariat Economique (APE) avec l'Union Européenne - aux côtés de l'Ile Maurice, des Seychelles et du Zimbabwe - confirme que les autorités de transition malgaches n'ont d'autre choix actuellement que de continuer la stratégie néo-libérale tracée par le régime de Marc Ravalomanana, en dépit des exhortations patriotiques des "Forces de Changement" et des altermondialistes de l'assocation Otrikafo ("Flamme") pour une nouvelle politique économique auto-centrée "à la malgache" ("ady gasy") et une refondation
républicaine basée sur la souveraineté nationale.

Pour conclure, l'imbroglio malgache n'est pas prêt de se dénouer, compte tenu des intérêts des grandes puissances régionales (Canada, USA, Europe, Françafrique, Afrique du Sud, Japon, Chine Inde Corée, Thaîlande,...) désireuses de voir accéder un Chef d'Etat "politiquement corect" aux commandes du navire malgache... pour garder le cap néo-libéral actuel !

Source

mardi 1 septembre 2009

Madagascar a signé les APE

La signature des accords de partenariat économique (APE) intérimaire entre les deux parties a été effectuée le 29 août à Maurice. Maurice, Seychelles, Zimbabwe et Madagascar sont les quatre pays signataires. Les Comores et la Zambie ont décidé par ailleurs de signer à une date ultérieure. Cette situation s'avère très importante pour Madagascar, car sa participation a fait l'objet d'une grande discussion compte tenu de la situation politique qui prévaut dans le pays. Selon une source proche du sujet, la participation de Madagascar n'a été acceptée qu'au dernier moment. Jusqu'à vendredi, une réponse précise auprès de la commission européenne à Madagascar n'a pas été obtenue.

L'accord présente de nombreux avantages pour les pays signataires. Ces derniers ont immédiatement accès et sans restriction aux pays de l'AfOA ainsi qu'à des règles d'origine améliorées.

Par ailleurs, les pays de l'AfOA ouvriront progressivement leurs marchés au cours des quinze prochaines années, éliminant progressivement les droits de douane, selon le pays, entre 80% et 98% de leurs importations en provenance de l’UE. « Nous disposons maintenant d’une base pour construire un partenariat commercial plus complet qui soutiendra les efforts déployés par les pays de l’AfOA, pour bâtir des économies diversifiées et durables », avance Catherine Ashton, commissaire européenne chargée du commerce.

Faute de délégation ministérielle en raison de la crise post Maputo II, c’est l’ambassadeur Bruno Ranarivelo qui a défendu la cause de Madagascar auprès de l’Union européenne (UE) et signé l’accord intérimaire de l’Accord de partenariat économique (APE).

vendredi 28 août 2009

A Maputo, les premières négociations sont "rudes" pour la présidence malgache

25/08/2009 | AFP

Les leaders malgaches, tombés d'accord il y a deux semaines sur un cadre de transition, se sont attaqués mardi à Maputo au mode de partage du pouvoir, qui s'annonce difficile, pour sortir Madagascar de la crise politique.

"Nous n'avons pas discuté de la distribution des postes entre les différentes parties mais de la méthode de travail pour aborder cette question", a déclaré à la presse le chef de l'équipe de médiation internationale, Joaquim Chissano, lors de la pause déjeuner.

L'ex-président mozambicain s'est dit "content" des progrès réalisés lors de cette première réunion de deux heures à laquelle participaient l'actuel homme fort de Madagascar, Andry Rajoelina, son rival Marc Ravalomanana, ancien président malgache évincé en mars, et deux anciens chefs d'Etat.

Plusieurs fonctions des institutions de transition, notamment celles de Premier ministre et de président, sont disputées par les mouvances politiques qui cherchent à se partager les postes du gouvernement, du Congrès de transition (chambre basse du Parlement) et des autres organes.

"Ce premier briefing était un peu rude mais positif. Rien qui ne soit irréversible", a déclaré l'ancien président malgache Didier Ratsiraka.

"Il n'est pas encore question de désigner une personne", a renchéri l'ex-chef d'Etat Albert Zafy. Andry Rajoelina et son rival Marc Ravalomanana n'ont pas souhaité s'exprimer.

Pression et surenchère

Les pourparlers devaient reprendre en fin d'après-midi. Les quatre hommes, représentant les principales mouvances politiques de la Grande Ile, s'étaient rencontrés pour la première fois à Maputo où ils avaient signé le 9 août un accord mettant en place une période de transition politique. Ils étaient tombés d'accord sur l'instauration d'un nouveau gouvernement de transition et sur l'organisation d'élections d'ici fin 2010 pour sortir Madagascar de la crise politique dans laquelle l'Ile s'enfonce depuis janvier.

Andry Rajoelina, à la tête d'une délégation renforcée avec le Premier ministre Monja Roindefo, s'est déjà posé comme le futur patron de la période de transition.

"On ne peut pas imaginer que ce soit quelqu'un d'autre", a prévenu mi-août l'ex-opposant porté au pouvoir par l'armée, qui a forcé Marc Ravalomanana à l'exil.

Chaque camp tente de faire pression et joue la surenchère, selon une source proche des médiateurs, rappelant que l'accord prévoit une période de trente jours après sa signature pour mettre en place les institutions.

"Comme toutes négociations, ça ne se présente pas facilement", reconnaît le médiateur de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), Edem Kodjo. Mais ce dernier estime, tout comme l'ex-président Albert Zafy, que "le plus difficile est déjà fait".

"Maputo va permettre [...] des progrès"

La question du retour de Marc Ravalomanana, un des principaux obstacles à la transition, avait été réglée lors du premier sommet. Le président évincé, qui vit en Afrique du Sud, avait accepté de ne retourner à Madagascar que lorsque la situation serait "favorable". Sa condamnation à quatre ans de prison pour l'achat controversé d'un avion présidentiel a été levée et plusieurs de ses partisans ont été libérés dont Manandafy Rakotonirina, assigné à résidence pendant quatre mois et relâché mardi.

"C'est un point très positif dans les dispositions de Maputo", s'est réjoui mardi dans la capitale mozambicaine ce candidat au poste de Premier ministre.

Des avancées qui font dire au médiateur des Nations unies, Tiébélé Dramé, que "Maputo va permettre de faire des progrès".

La France a demandé aux leaders des quatre principales mouvances d'agir "dans le même esprit constructif que celui ayant présidé à la première session, début août", selon un porte-parole du Quai d'Orsay.

jeudi 6 août 2009

Sommet de Maputo : Réunion à huis clos entre les anciens présidents et le chef de l’Etat

Le sommet de Maputo, visant à faire sortir Madagascar de l’impasse, a débuté, hier en fin d’après-midi. Les chefs des quatre mouvances se sont réunis à huis clos.

Les retrouvailles ont été plutôt froides hier au centre de conférences de Maputo entre Didier Ratsiraka, Marc Ravalomanana, Albert Zafy et Andry Rajoelina. La réunion de la résolution de la crise malgache initiée par le Groupe international de contact (GIC) n''a pas débuté sous les meilleurs auspices. Même le geste fondamental du «Fihavanana» a été occulté par les protagonistes qui ont oublié de se saluer.

Une politesse qu'ils ont quand même dû exécuter lors de la prise de photo à l'issue de la cérémonie d'ouverture présidée par Joaquim Chissano. L'ancien président mozambicain a souligné dans son discours d'ouverture que l'Afrique et le monde avaient les yeux tournés vers eux et qu'il compte sur la ferveur patriotique des quatre mouvances.

Seuls Ravalomanana et Didier Ratsiraka se sont serré la main. Un geste qui n'a pas effacé la rancune du second, évincé par le premier en 2002 à l'issue d'un bras de fer de six mois, relatif au litige sur les résultats des élections présidentielles. Didier Ratsiraka a tenu à souligner que signer une charte est une chose, la respecter en est une autre, faisant allusion à l'accord de Dakar en 2002 qui avait été signé par Ravalomanana mais qu'il n'avait pas respecté. Une pique adressée à qui de droit.

La flèche a atteint sa cible puisque Marc Ravalomanana a réagi mais de façon très conciliante, annonçant qu'il reste le président de Madagascar et qu'il est capable de travailler avec tout le monde, sinon avec n'importe qui. Une prudence cauteleuse pour le grand perdant de cette crise et qui a tout à gagner à Maputo. Ravalomanana est d'ailleurs à l'origine de l'implication des pays de l'Afrique australe et de l'Union africaine dans cette crise. «On peut même rentrer ensemble dès demain», a-t-il lancé pour illustrer son optimisme et sa détermination à trouver une solution.

C'est aussi la conviction du président de la Haute autorité de la transition, Andry Rajoelina , rival direct de Ravalomanana, qui a tout de suite remis les pendules à l'heure. Il a souligné que les structures de la Transition sont bel et bien en place et qu'il n'est plus question de président de la République. «Nous sommes ici pour chercher la solution la meilleure, qui convient au peuple malgache. Je crois qu'on en trouvera à l'issue de la réunion», a-t-il affirmé.

En bon raiamandreny (sage), le professeur Albert Zafy s'est interposé pour demander une réunion à huis clos entre les quatre principaux acteurs de la réunion. Demande acceptée par le GIC dont les membres assistent au «règlement de comptes» entre les protagonistes. En revanche les membres de délégation des mouvances ont dû rester à l'extérieur de la salle, avec les nombreux journalistes qui suivent l'événement.

Marc Ravalomanana, accompagné de sa femme, s'est emmené avec une équipe de presse qui lui est restée fidèle. Andry Rajoelina est également venu avec une armada de médias de la presse écrite, de la radiodiffusion et de l'audiovisuel.

Didier Ratsiraka, dont le problème de vue s'est compliqué sérieusement, compte parmi ses accompagnateurs sa fille Annick. Aucun membre de la presse ne figure dans le camp d'Albert Zafy. Comme quoi, la bataille de Maputo risque d'être une guerre de communication. À ce propos, Rajoelina semble avoir pris l'avantage aux dépens de Ravalomanana dont le groupe de presse avait été anéanti par les pillages du 26 janvier.

La réunion s'est terminée tard dans la soirée et reprend ce matin.

Iloniaina Alain - (Source : L’express de Madagascar)

jeudi 11 juin 2009

Ravalomanana envisage une intervention militaire pour "restaurer l'état de droit"

11/06/2009 - AFP

Le président malgache évincé Marc Ravalomanana a estimé mercredi que "toutes les options, y compris une intervention militaire", doivent être envisagées pour "restaurer l'état de droit" à Madagascar.

"Davantage doit être fait pour restaurer l'état de droit et la démocratie, et cela inclut d'étudier toutes les options, y compris une intervention militaire", a déclaré M. Ravalomanana, dans un communiqué publié à Pretoria, la capitale administrative sud-africaine.

Le président évincé, qui vit actuellement en exil en Afrique du Sud, n'a pas précisé qui pourrait participer à cette intervention armée.

"De nombreux prisonniers politiques sont encore détenu"

"Je suis très inquiet des informations selon lesquelles les violations des droits de l'Homme à Madagascar se poursuivent. De nombreux prisonniers politiques sont encore détenus (. . . ). Je ne laisserai pas un régime illégal brutaliser le peuple malgache", a-t-il ajouté.

Lundi, le Marché commun d'Afrique du Sud et de l'Est (Comesa), qui rassemble 20 pays, avait évoqué la possibilité d'une "intervention militaire" pour rétablir la démocratie à Madagascar. Le Comesa ne dispose cependant pas de moyens militaires pour gérer des crises.

La France contre une intervention militaire

La France, ancienne puissance coloniale de Madagascar, a elle, estimé qu'une intervention militaire n'était pas une "bonne idée".

Lâché par l'armée, le président Marc Ravalomanana avait remis le 17 mars ses pouvoirs à un directoire militaire qui les avait immédiatement transférés à Andry Rajoelina, alors le principal opposant et qui se trouve aujourd'hui à la tête d'une haute autorité de transition.

mercredi 10 juin 2009

La crise politique à Madagascar évoquée lors du Sommet du COMESA

Le président de la République de Madagascar Marc Ravalomanana a été invité par le président du COMESA pour assister avec la première Dame, Lalao Ravalomanana au 13ème Sommet du Common Market of Eastern and Southern Africa (COMESA) à Victoria Falls, Zimbabwe, les 07 et 08 juin 2009.

Le Djibouti, le Kenya, l’Ouganda, le Swaziland, le Soudan, la Zambie, les Seychelles et Madagascar ont été représentés par leurs Chefs d’État. Le Burundi et Malawi ont été représentés par leurs vice-Présidents. L’Éthiopie, la Libye, l’Érythrée, le Rwanda, Maurice, l’Égypte, la République Démocratique du Congo et la Tanzanie ont envoyé des Ministres. Étaient également présents, le Vice-président de la Commission de l’Union Africaine, le Secrétaire Exécutif de la SADC et le Président de la Banque Africaine de Développement.

Le thème du Sommet est « Consolidons l’intégration régionale à travers la valeur ajoutée, le commerce et la sécurité alimentaire ». L’ « Union douanière » du COMESA est aussi lancée officiellement à l’occasion du Sommet.

Le nouveau bureau du COMESA a été présenté au cours de la cérémonie d’ouverture du sommet le dimanche 07 juin, avec à la Présidence le Zimbabwe succédant au Kenya et à la Vice-présidence le Swaziland.

Au cours de l’après-midi, les Chefs d’État et de Gouvernement ont écouté les rapports des Conseils des Ministres sur les Affaires Administratives et Financières, ainsi que sur la Paix et la Sécurité dans la région.

C’est à cette occasion que la parole a été donnée au président Marc Ravalomanana pour présenter la situation sur la crise politique à Madagascar.

Des commentaires, des échanges d’informations et des propositions de résolutions à adopter ont suivi la présentation du président Marc Ravalomanana. Le cas de Madagascar a été traité pendant environ soixante-quinze minutes.

Les points forts lors de la séance de prise de parole ont été les suivants :
  • condamnation ferme du changement anti-constitutionnel à Madagascar
  • laisser la SADC conduire les actions devant rétablir l’ordre constitutionnel et soutenir cette organisation régionale
  • ne plus se contenter de communiqués et de résolutions, mais prendre des mesures effectives
  • parler d’une même voix et agir dans la même voie quand une position est prise officiellement lors d’un sommet

mardi 9 juin 2009

Marc Ravalomanana fait sa communication sur YouTube

Marc Ravalomanana trouve une nouvelle stratégie de communication : le président déchu de Madagascar a enregistré une vidéo diffusée sur le site Internet YouTube. En trois langues, il appelle les Malgaches et la communauté internationale à "mettre fin" au "régime putschiste" d'Andry Rajoelina.

Le président évincé de Madagascar, Marc Ravalomanana, qui vit en exil en Afrique du Sud, a choisi le site internet YouTube pour appeler ses compatriotes et la communauté internationale à "mettre fin au régime putschiste" dans son pays.

"Je demande à la communauté internationale de redoubler d'efforts et de continuer à travailler avec le peuple malgache pour mettre fin à ce régime putschiste", déclare M. Ravalomanana, filmé en plan rapproché à côté d'un drapeau malgache.

Le discours du chef de l'Etat évincé a été mis en ligne par la "présidence de Madagascar" sur le site de partage de vidéos YouTube.

C'est la première fois que M. Ravalomanana enregistre une vidéo pour ce site très populaire dans le monde entier. Son discours, filmé dans un hôtel de Johannesburg et enregistré en trois langues (français, anglais et malgache), dure environ cinq minutes.

"On mettra rapidement fin à cette tyrannie"

"Avec l'aide de la communauté internationale, on mettra rapidement fin à cette tyrannie", affirme le président évincé, vêtu d'un costume sombre et d'une cravate rouge.

"Les investisseurs internationaux doivent éviter de collaborer avec le régime illégal. Nous devons tout faire pour accélérer la chute de ce régime putschiste qui s'accroche au pouvoir par la force", ajoute-t-il.

"J'ai l'intention de rentrer à Madagascar en tant que président afin de rétablir l'ordre constitutionnel", assure-t-il.

A la tête de Madagascar depuis 2002, M. Ravalomanana a été évincé du pouvoir en mars, sous la pression populaire. Il a remis ses pouvoirs à un directoire militaire qui les immédiatement transférés au chef de l'opposition, Andry Rajoelina.

Depuis son départ de Madagascar fin mars, ses partisans organisent des manifestations quasi quotidiennes dans la capitale Antananarivo.

Lundi, M. Ravalomanana s'est dit prêt, une fois rétabli dans ses fonctions, à organiser une élection présidentielle anticipée ou un référendum pour savoir s'il devrait terminer ou non son mandat, qui expire normalement en 2011.

Les nouvelles autorités malgaches ont fixé la date de la prochaine présidentielle en 2010.

lundi 8 juin 2009

Ravalomanana présent à titre personnel au sommet du COMESA au Zimbabwe

Même si Madagascar n'a pas été invité à participer au treizième sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du Marché commun d'Afrique orientale et australe (COMESA) qui s’est ouvert dimanche dans la ville zimbabwéenne de Victoria Falls, le président déchu de Madagascar y était présent.

Madagascar n'est pas officiellement représenté à ce sommet après que la plupart des pays africains ont refusé de reconnaître la légitimité du président de transition Andry Rajoelina, qui a renversé le président démocratiquement élu Marc Ravalomanana, en mars dernier.

Marc Ravalomanana, le président déchu de la Grande Ile, participe toutefois à ce sommet en sa qualité personnelle et il doit attirer l'attention des dirigeants des pays de la région sur la crise politique qui secoue l'île de l'Océan Indien depuis plusieurs mois.

Toutefois, le temps fort de ce sommet sera le lancement demain lundi de l'union douanière du COMESA, en vertu de laquelle les Etats membres imposeront les mêmes tarifs douaniers sur les marchandises en provenance de l'extérieur de la région.

Il est proposé que les matières premières et les biens d'équipement destinés à l'exportation dans la zone seront exemptés de droits de douane tandis que les produits intermédiaires seront imposés à 10 pour cent et les produits finis à 25 pour cent.

Les dirigeants des 18 États membres du COMESA ou leurs représentants examineront aussi un large éventail de problèmes auxquels fait face le plus grand bloc commercial de l'Afrique qui abrite plus de 400 millions de personnes et se compose de 19 pays.

Les chefs d'Etat et de gouvernement devraient aussi discuter de la menace à la paix et à la stabilité régionales, posée par des pirates au large de la côte est-africaine.

Le résident zimbabwéen, Robert Mugabe, devrait assumer à partir de ce dimanche la présidence de l'organisation en remplacement de son homologue kenyan Mwai Kibaki.

Le sommet a pour thème «Consolidation de l'intégration économique régionale par le biais d'ajout de valeur, du commerce et de la sécurité alimentaire ». A cette occasion, le Président Ougandais Yoweri Museveni a appelé dimanche les communautés économiques régionales africaines (CER) à promouvoir la valorisation des produits, décrivant le continent comme le véritable « donneur » du fait qu’il livre ses matières premières aux pays occidentaux à des prix ‘’ridiculement’’ bas.

Museveni a donné l'exemple de l'Ouganda qui, selon lui, recevait un dollar américain par kilogramme de grains de café exporté vers le Royaume-Uni, contre 20 dollars par kilogramme de café pour le pays bénéficiaire.

« Les pays africains sont les vrais bailleurs de fonds parce que nous donnons nos matières premières à l'Occident qui utilise nos ressources pour ensuite transformer nos produits que nous allons nous-mêmes acheter à un prix plus élevé », s’est désolé Museveni.

La plupart des produits en provenance des pays du COMESA ont pendant longtemps éprouvé des difficultés à pénétrer le marché international en raison de leur exportation dans leur forme brute.

Museveni a exhorté les pays africains à accroître les échanges intra régionaux afin d'éviter les pertes à travers les exportations de produits non finis.

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samedi 23 mai 2009

Madagascar signe un protocole d'accord avec des investisseurs saoudiens

AFP le 06/05/2009

Madagascar a signé ce jeudi un protocole d'accord avec un groupe d'investisseurs saoudiens qui pourraient injecter jusqu'à deux milliards de dollars dans le pays, a constaté l'AFP.

Monja Roindefo, premier ministre malgache de la Haute Autorité de transition (HAT) et Sheikh Nasser bin Abdulaziz al-Mushaigheh, présenté comme président de l'Union des investisseurs saoudiens, ont signé un document instituant "une coopération et dans certains cas un partenariat pour le commerce et le développement économique de Madagascar".

Les secteurs visés sont l'agroalimentaire, l'énergie (pétrole et gaz), l'électricité, le tourisme, les infrastructures, le transport, l'éducation et la formation.

"Nous ne parlons pas encore de montant, mais ce sera gros", a déclaré à l'AFP Sheikh Nasser.

"Il y a une intention initiale d'investir deux milliards de dollars à Madagascar", a avancé à l'AFP M. Roindefo.

L'Union des investisseurs saoudiens s'est présentée comme une organisation privée qui cherche à investir en Afrique.

"Madagascar est proche des pays arabes, et ils ont besoin de beaucoup de choses ici", a expliqué le responsable, qui assure ne pas s'inquiéter de l'instabilité du pays, qui vit une crise politique depuis janvier.

Selon l'entourage de la délégation arabe, des cargaisons de farine, de sucre, de ciment et d'huile de 25.000 tonnes chacune devraient arriver dans l'île d'ici quelques semaines.

"C'est pour montrer notre bonne volonté, le Sheikh était vraiment ravi depuis qu'il est arrivé", a assuré à l'AFP Amady Salimo, l'un des conseiller de la délégation saoudienne.

Les Saoudiens assurent pouvoir vendre 40% moins cher que les tarifs locaux actuels. "Ce n'est pas un coup de baguette magique, c'est par rapport aux études que l'on a fait", a expliqué M. Salimo.

"Madagascar n'entend pas donner de faveurs spéciales (en terme de détaxation), (...) ils disent qu'ils ont une meilleure offre par rapport aux produits", a confirmé M. Roindefo.

"Si les projets s'insèrent dans un développement durable respectant toutes les normes, il n'y a pas d'ambition mal placée. Il y a une ambition mal placée si on veut simplement acheter Madagascar et qu'on laisse pour compte les Malgaches", a-t-il répondu face aux incertitudes entourant ces investissements.

Des accords concrets, sous forme de prêts à l'Etat malgache ou d'investissements directs, doivent être signé dans les quatre prochains par les deux parties.

Plusieurs organisations internationales ont suspendu Madagascar, où le président de la République Marc Ravalomanana a été évincé du pouvoir au profit du régime de transition dirigé par Andry Rajoelina.

samedi 4 avril 2009

L'Afrique australe au chevet de Madagascar et du Zimbabwe

AFP - 30/03/2009

La Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) se réunit ce lundi pour discuter de la crise politique à Madagascar et du marasme économique dans lequel est englué le Zimbabwe. La SADC pourrait décider de sanctions contre la Grande Ile: elle ne reconnaît pas son président de transition, Andry Rajoelina, arrivé au pouvoir après une démission forcée du chef de l'Etat Marc Ravalomanana.

Les dirigeants d'Afrique australe devaient discuter lundi, lors d'un sommet extraordinaire au Swaziland, d'éventuelles sanctions contre les autorités de transition malgaches et son président Andry Rajoelina, que le bloc régional refuse de reconnaître. 

Les leaders de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) réfléchiront aux moyens de "ramener la démocratie, l'Etat de Droit et la constitutionnalité" à Madagascar, a indiqué le gouvernement sud-africain, qui préside actuellement le bloc régional.

"Tous les pays-membres ont confirmé leur participation, sauf Madagascar", a précisé le ministère des Affaires étrangères swazi, sans préciser à quels responsables malgaches l'invitation avait été adressée.

La SADC refuse de reconnaître toute légitimité au président de transition, Andry Rajoelina. L'ancien opposant a été porté au pouvoir par l'armée après la démission forcée de l'ex-président Marc Ravalomanana, réfugié cette semaine au Swaziland.

Vers des "sanctions adaptées" ?

L'organe de sécurité de la SADC a même évoqué le 19 février la possibilité de "sanctions adaptées (…) pour rétablir l'ordre" à Madagascar, où la crise a fait une centaine de morts depuis janvier.

Les chefs d'Etat et de gouvernement devraient donc sanctionner les nouvelles autorités malgaches, selon l'analyste sud-africain Siphamandla Zondi, de l'Institut pour le dialogue global.

"A part ça, il n'y a pas grand chose qu'ils puissent faire pour marquer leur objection au coup d'Etat", a-t-il estimé.

Cette fermeté contrasterait avec le ton habituel de la SADC, qui a très rarement pris des mesures concrètes contre l'un de ses 15 pays-membres, même en cas de violations des droits de l'Homme, comme au Zimbabwe.

Dans ce pays, les élections générales - organisées il y a tout juste un an - avaient été suivies de nombreuses violences politiques, attribuées par l'ONU aux partisans du président Robert Mugabe.

Sauver le Zimbabwe de la crise économique

Mais depuis le scrutin, tous les sommets du bloc régional sur le Zimbabwe ont visé à favoriser le dialogue entre les parties plutôt qu'à condamner le régime en place.

Cette approche a poussé le président Mugabe et son rival historique, Morgan Tsvangirai, à former à la mi-février un gouvernement d'union nationale qui s'est depuis tourné vers ses voisins pour obtenir une aide économique indispensable au redressement du pays, englué dans une hyperinflation inouïe, un chômage de masse et des pénuries chroniques.

Fin février, les ministres des Finances de la SADC réunis au Cap avaient promis d'aider Harare à rassembler deux milliards de dollars (1,5 milliard d'euros), sans toutefois promettre d'aide directe. Lundi, les leaders du bloc régional "débattront de ce plan de reconstruction économique et des moyens d'avancer", selon le gouvernement sud-africain.

"La région a beaucoup investi en terme de ressources, d'image et d'intégrité" dans les négociations zimbabwéennes et ne pourra pas se passer d'une aide économique, estime pour sa part Siphamandla Zondi. "Elle va certainement offrir une assistance ciblée sur certains secteurs prioritaires, comme l'agriculture et certains services sociaux de base."

"Même si la région souhaite aider le Zimbabwe, il n'est pas évident qu'elle trouvera l'argent", souligne toutefois l'analyste indépendant Laurence Caromba, en notant que "les pays les plus riches, comme l'Afrique du Sud, sont aujourd'hui en déficit budgétaire à cause de la crise économique mondiale."

Les partisans de Ravalomanana ne veulent pas de la Haute autorité de la transition

AFP -02/04/2009

Les partisans du président malgache déchu Marc Ravalomanana boycottent les assises nationales qui se tiennent jeudi et vendredi. Ils contestent le fond des discussions de cette rencontre, qui doit notamment préciser les missions de la Haute autorité de transition d’Andry Rajoelina. 

Le parti de Marc Ravalomanana, président évincé de Madagascar, a annoncé mercredi qu'il ne participerait pas aux assises nationales organisées jeudi et vendredi par la Haute autorité de la transition (HAT) qui dirige actuellement le pays.

"Nous voudrions bien qu'il y ait des assises, mais nous ne sommes pas d'accord sur le contenu", a déclaré à l'AFP Raharinaivo Andrianantoandro, porte-parole du TIM, le parti de M. Ravalomanana.

"Il faut d'abord discuter de la sortie de crise"

"Il faut d'abord discuter de la sortie de crise. La légalisation de la HAT est le but ultime de ces assises, c'est ça que nous contestons", a-t-il ajouté, en réclamant le retour de M. Ravalomanana et la réhabilitation du Parlement, suspendu par le nouveau régime.

Le nouveau régime dirigé par le président de la HAT, Andry Rajoelina, organise jeudi et vendredi des assises nationales, qui pourraient déterminer la date d'une éventuelle élection présidentielle.

M. Rajoelina a annoncé mardi la composition de la HAT chargée de gérer les affaires du pays pour une durée maximale de 24 mois en vue d'élections.

Les attributions et le fonctionnement de cette HAT demeurent flous et devront être précisés durant ces assises.

Contre-assises

Le TIM a annoncé qu'il organisera vendredi ses propres assises, y invitant des "élus des provinces, la société civile, des religieux, et surtout des militaires".

"On va faire une espèce de brainstorming pour proposer plusieurs scénarii de sortie de crise", a expliqué M. Andrianantoandro.

Lâché par l'armée, Marc Ravalomanana a été contraint à la démission le 17 mars et a transféré les pleins pouvoirs à un directoire militaire, qui les a remis quelques heures plus tard à M. Rajoelina.

La crise politique et sociale à Madagascar a fait plus d'une centaine de morts depuis fin janvier, dont au moins 30 tués par la garde présidentielle. Elle avait tiré le 7 février sur des partisans de M. Rajoelina, selon un nouveau bilan de source hospitalière.

Un précédent bilan faisait état de 28 morts. "Deux personnes sont décédées après" des suites de leurs blessures, a précisé à l'AFP Cornell Rafolohanitrarivo, chef des urgences de l'hôpital HJRA, le plus grand de la capitale.

COI: Madagascar, crise financière, APE - Le Comité des OPL à pied d’œuvre

Réunis à Moroni depuis deux jours, les Officiers Permanents de Liaison (OPL) ont planché dans la préparation des dossiers qui seront soumis à partir de ce matin à la réunion du Conseil des Ministres de la COI. La situation à Madagascar va constituer le principal sujet de discussion.

Le Comité des Officiers Permanents de Liaison a fini tard ses travaux hier. Ces hauts cadres sont chargés de faire le suivi des dossiers de la Commission de l’Océan Indien dans chacun des cinq pays membres. La conférence ayant lieu à Moroni, c’est l’ambassadeur Chamsidine Mhadjou qui a présidé la séance en présence de ses pairs et des responsables de la COI qui ont fait le déplacement. 

Pour sa part, Calixte d’Offay, Secrétaire général de la COI, n’a pas manqué de féliciter les OPL pour le travail qu’ils accomplissent au quotidien pour rapprocher davantage le Secrétariat général basé à Maurice des administrations nationales. Pour lui, cela facilite énormément la bonne exécution des activités de la COI. Il s’est également félicité de la bonne préparation des dossiers techniques sur les quatre grands axes stratégiques de l’organisation sous-régionale. 

Il est avéré en effet que la coopération politique et diplomatique va occuper une part importante de ces Assises de Moroni en raison de la situation qui prévaut dans l’île sœur de Madagascar. Toutefois, la Coopération économique et commerciale, le Développement régionale durable ainsi que le Renforcement de l’identité culturelle et le partenariat avec la société civile ne seront pas oubliés.

Le commerce et l’environnement ne sont pas oubliés

Concernant le premier point, le Comité s’est penché sur le rapport de la Mission de bons offices qui s’est rendue à Tananarive en février dernier. Le Comorien Sultan Chouzour et le Réunionnais Wilfrid Bertille ainsi que leurs homologues de Maurice et des Seychelles avaient pu s’entretenir aussi bien avec le Président Marc Ravalomanana qu’avec l’ancien Maire de Tananarive Andry Rajoelina ainsi que d’autres acteurs comme l’Église et les diplomates en poste. Comme entre temps, les choses ont beaucoup évolué, le Comité des OPL laissera au Conseil des Ministres le soin d’apprécier la situation aux regards des derniers développements sur le terrain et sur le plan diplomatique.

Sur le plan économique et commercial, les pays de l’océan Indien vont reparler des Accords de Partenariat Economique proposés par les pays de l’Union Européenne. La question de la crise financière internationale, même si elle n’a pas frappé directement la sous-région, fera l’objet de discutions. Cette crise financière va causer des dommages économiques, selon un haut fonctionnaire du ministère comorien des Relations extérieures, puisque les recettes touristiques vont diminuer ainsi que l’aide au développement. 

Enfin, la réunion a passé en revue le déroulement des activités des projets régionaux et en particulier ceux qui interviennent dans la préservation de l’environnement et des ressources marines. 

A la réunion ministérielle qui commence aujourd’hui et qui se poursuivra jusqu’à demain, Alain Joyandet va conduire la délégation française, accompagnée d’une dizaine de personnes dont les représentants du Conseil régional et du Conseil général de La Réunion. 

L’Union Européenne étant le principal partenaire de la COI, Mme Claudia Wiedey, Chef de Délégation de la Commission Européenne pour Maurice, Comores et Seychelles, participera également à ce Conseil des ministres.

dimanche 29 mars 2009

Ravalomanana promet de revenir bientôt

AFP - 29/03/2009

Le président déchu de Madagascar Marc Ravalomanana a une nouvelle fois promis vendredi soir à ses partisans de les revoir "bientôt", dans un message daté de vendredi soir et relayé par son service de presse hier.

"N'ayez crainte, je reviendrai bientôt. Nous serons réunis pour travailler pour la réussite", assure M. Ravalomanana.

"Poursuivez et renforcez le mouvement que nous menons (jusqu') à ce que le monde entier l'entende parce que les Malagasy (Malgaches) feront tout jusqu'à ce que la légalité soit rétablie", appelle l'ex-président dans son deuxième message public depuis sa démission forcée le 17 mars.

Il a depuis quitté le pays pour le Swaziland [Afrique australe].

Ses partisans ont manifesté quotidiennement depuis lundi à Antananarivo pour dénoncer l'arrivée au pouvoir de l'ex-opposant Andry Rajoelina et réclamer le retour à la légalité.

mercredi 18 mars 2009

Breaking news: Rajoelina confirmé à la présidence de la République

La Haute cour constitutionelle de Madagascar a confirmé qu'Andry Rajoelina était président de la République pour une transition ne dépassant pas 24 mois.

Andry Rajoelina exerce la fonction de président de la République de Madagascar pour une transition ne pouvant dépasser 24 mois, a confirmé aujourd'hui la Haute Cour constitutionnelle (HCC) malgache en validant l'ordonnance de transfert des pouvoirs par le directoire militaire.

La HCC «déclare que M. Andry Rajoelina exerce les attributions du président de la République énoncées par les dispositions de la Constitution», après avoir «validé» l'ordonnance de transfert des pleins pouvoirs à M. Rajoelina par le directoire militaire, selon ce document dont l'AFP a obtenu une copie.

Le nouveau président de Madagascar, Andry Rajoelina, a affirmé dans l'après-midi que la lutte contre la pauvreté sera sa priorité, devant 15.000 de ses partisans rassemblés au centre d'Antananarivo.

«Je ferai tout mon possible pour que les Malgaches sortent de la pauvreté», a déclaré M. Rajoelina peu après que la Haute Cour constitutionnelle (HCC) malgache eut confirmé qu'il excerçait la fonction de président de la République de Madagascar.

Il a également promis de «faire baisser le prix du riz», aliment de base dans un pays les plus pauvres de la planète.

L'opposant Rajoelina prend le pouvoir à Madagascar

Flore Galaud (lefigaro.fr) avec AFP - 17/03/2009 

Après avoir reçu de l'armée les «pleins pouvoirs», le leader de l'opposition s'est déclaré président de transition et a annoncé la tenue d'une élection présidentielle anticipée d'ici 24 mois.

Après deux mois de bras de fer, l'opposition malgache a fini par obtenir gain de cause. Le président Marc Ravalomanana a annoncé sa démission mardi. Une issue qui semblait inéluctable depuis samedi, lorsque l'armée, d'abord neutre, a décidé de rejoindre le camp de l'opposition mené par Andry Rajoelina.

Mardi soir,le directoire militaire mis en place après la démission du président a transmis par ordonnance les «pleins pouvoirs» au chef de l'opposition Andry Rajoelina, a annoncé à la presse ce directoire depuis un camp militaire. Une décision «qui n'a pas été forcée», a assuré le vice-amiral Hippolyte Rarison Ramaroson, qui avait été désigné chef du directoire quelques heures auparavant par Marc Ravalomanana.

Quelques minutes plus tard, Andry Rajoelina a déclaré sur la chaîne d'information française LCI : «Je suis à la tête du gouvernement de transition qui prépare l'élection présidentielle anticipée qui se déroulera d'ici 24 mois. Donc, vous pouvez m'appeler Président».

Appel à la vigilance pour les Français

On ignore pour l'heure où se trouve exactement l'ex-président Marc Ravalomanana. Dimanche encore, il assurait qu'il ne démissionnerait «jamais» face à la contestation menée par Andry Rajoelina, qui s'est fait le porte-voix des frustrations de nombreux Malgaches touchés par la hausse des prix, et de leur ressentiment contre le président, décrit comme coupé de la population et affairiste. Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) a en tout cas lancé mardi un appel pour que sa sécurité «soit assurée». Ces derniers jours, l'hypothèse d'un prochain départ en exil était évoquée avec insistance, l'essentiel de sa famille ayant déjà quitté la Grande Ile de l'océan Indien.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon s'est quant à lui dit «gravement préoccupé par les développements en cours à Madagascar», a indiqué un porte-parole de l'organisation. Il «appelle toutes les parties concernées à agir de manière responsable pour la stabilité et une transition sans heurt par la voie démocratique».

La France a de son côté appelé les Malgaches à trouver une issue pacifique à la crise : «C'est aux Malgaches de trouver entre eux les moyens de sortir de la crise de manière pacifique et durable dans un esprit de dialogue et de réconciliation», a ainsi déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Eric Chevallier. En concertation étroite avec l'ONU, la France a toutefois réitèré sa disponibilité «pour appuyer une solution entre Malgaches», a-t-il ajouté, en rappelant que la consigne de «grande prudence» restait en vigueur pour la communauté française dans l'île. Madagascar compte quelque 25.000 ressortissants français, dont la moitié de bi-nationaux.

Des mercenaires sur le territoire malgache

Temoignages [La Reunion] , lundi 16 mars 2009

Des Assises nationales convoquées par la Confédération des Eglises Chrétiennes (FFKM), appuyée par le représentant du Secrétaire Général de l’ONU et les représentations diplomatiques en poste à Antananarivo, auraient du débuter le 12 mars. Selon l’annonce faite le 9 mars, ces Assises nationales étaient prévues pour examiner les propositions de sortie de crise ; d’après les rumeurs, 90 participants étaient attendus, dont le tiers issus de la mouvance Ravalomanana, le tiers représentant la mouvance Andry Rajoelina, et le dernier tiers représentant la société civile, les syndicats et autres groupements.

La tenue de cette réunion avait obtenu l’aval de Marc Ravalomanana. Or, le Comite National de Coordination (CNC) qui rassemble derrière Andry Rajoelina une trentaine de partis et organisations politiques associations, représentant la société civile, a déclaré dès que fut connue l’information qu’elle ne participerait pas à ces Assises. Le CNC rappelle que les préalables acceptés par les deux parties directement concernées dès l’ouverture du dialogue n’ont pas été respectés par Marc Ravalomanana.

Par ailleurs, sept associations, qui ont décidé de leur côté de convoquer des Etats généraux de la Démocratie, ont posé publiquement des questions fondamentales à propos de ces consultations présentées comme « élargies ». En effet, des questions surgissent au sein des diverses composantes de la société : pourquoi 90 participants ? Sur quels critères a été basé le choix des participants ? Quel est l’objectif de ces Assises nationales ? Quel en est l’ordre du jour ? etc…

Les plus sceptiques soupçonnent derrière ces Assises une manœuvre de Marc Ravalomanana, qui persiste à se maintenir à son poste de Président de la République, et tente d’obtenir, pour ce faire, l’onction de ces Assises nationales. En vain, la veille des Assises, un communiqué informait qu’elles avaient été reportées sine die.

L’armée refuse d’exécuter les ordres de Marc Ravalomanana

Sur le terrain, les évènements se sont succédé à grande vitesse durant ces derniers jours. La mutinerie qui a éclaté au camp militaire CAPSAT (évoqué dans le document “Crise à Madagascar — 9 —”) le 8 mars s’est étendue rapidement au sein de l’armée à Antananarivo, Arivonimamo, Fianarantsoa, etc…
Le 9 mars, des sous-officiers du CAPSAT prennent possession du Ministère de la Défense, puis rencontrent le ministre, le vice-amiral Mamy Ranaivoniarivo et lui demande de signer une lettre de démission. Après discussions, le ministre se plie à cette demande, et lit devant les journalistes les officiers et sous-officiers présents sa lettre de démission signée de sa main, le cachet du Ministère faisant foi ; dans l’après-midi, il devait pourtant déclarer « qu’il avait démissionné sous la pression » et était toujours ministre !
Par ailleurs, les militaires du CAPSAT ont précisé d’une part qu’il ne s’agissait pas « d’un coup d’état militaire », mais d’une remise en ordre et de la restructuration de l’Armée, et d’autre part, qu’ils désapprouvaient la mise en place d’un Directoire Militaire.
Le 10 mars, les militaires du CAPSAT annonçaient qu’ils avaient reçu le soutien de neuf chefs de corps de l’Armée ; dans la soirée, c’est le colonel de la Gendarmerie chargé des forces d’intervention qui déclare que la Gendarmerie soutient le mouvement du CAPSAT.
Ce même jour, fut présenté aux militaires le nouveau chef d’Etat Major Général de l’Armée (CEMGAM), le colonel André Ndrianarijaona
Le 11 mars, les sous-officiers de la Gendarmerie de Fianarantsoa apportent leur soutien au mouvement du CAPSAT et exigent la démission de Marc Ravalomanana.
Le 12 mars, le Général de la Gendarmerie Pily Gilbin, ayant en charge toutes les unités de la Gendarmerie, confirmait cette prise de position, et condamnait l’utilision de mercenaires pour mater le mouvement populaire pour la démocratie.
Chantage de la Communauté internationale

Le jeudi 11 mars, la Communauté internationale, par le biais du doyen du corps diplomatique, faisait une déclaration dans laquelle elle présentait les Assises nationales comme une « réunion de la dernière chance » pour mettre fin à la crise.
L’opinion malgache a été vivement choquée par les termes de cette déclaration qui, à travers ses lignes, prévient le Peuple malgache que l’échec des Assises nationales aurait des résultats négatifs sur la coopération avec la Communauté internationale, pour le présent comme à l’avenir. Les représentants des bailleurs de fonds traditionnels étant présents lors de la lecture de cette déclaration, on en comprend la signification. Une seule petite phrase se voulait respectueuse de la volonté du Peuple malgache « à qui il revient en premier de trouver les solutions aux problèmes malgaches ».
Le Peuple malgache a en effet commencé à résoudre ses problèmes, car dans la journée du jeudi 12 mars, le Gouvernement de transition a installé dans leurs bureaux respectifs le Premier ministre Monja Roindefo au Palais de Mahazoarivo et le ministre des Finances et du Budget Benja Razafimahaleo, qui assure la tutelle de la Banque Centrale à Antaninarenina. A noter que l’installation de ces deux dirigeants s’est passée sans incidents, avec l’assistance des éléments des forces armées.
Que dira la Communauté internationale face à l’échec des Assises nationales souhaitées par Marc Ravalomanana ? Mais encore, va-t-elle condamner l’attaque au cocktail Molotov perpétrée dans la nuit du 11 mars contre le domicile de Mgr. Odon Razanakolona, Président du FFKM, par des partisans supposés de Marc Ravalomanana ?
Nombre de journalistes n’ont pas caché leur colère devant la partialité de la Communauté internationale dans cette crise.

Les mercenaires entrent en action

Dans leurs déclarations à la presse, les responsables de la gendarmerie, de l’armée et de la police ont unanimement condamné l’utilisation de mercenaires, qui ont été intégrés dans les forces armées pour réprimer les manifestants en faveur de la démocratie. Des observateurs étrangers ont pris à la légère les informations émanant de la population et de quelques journalistes, accusés d’affabuler.
Actuellement, ce sont les hauts responsables des forces armées qui confirment que de nombreux mercenaires sont entrés — ou vont entrer — sur l’île, par Fort-Dauphin et Morondava ; ils ont appelé tous les éléments de l’armée, de la gendarmerie, de la police à les considérer comme des ennemis et à les traiter comme tels ; Ils ont appelé la population à se dresser contre ces envahisseurs d’un nouveau genre.

Double langage de la SADC

Suite à la réunion du Conseil des Ministres de la SADC présidée par le ministre des Affaires étrangères de l’Afrique du Sud et non moins président de ce Conseil, Bkosazana Diamini Zuma, à Cape Town le 27 Février dernier, cette organisation régionale « n’envisage pas la destitution illégale du Gouvernement légitime au pouvoir et s’engage à fournir l’assistance nécessaire à Madagascar en matière de formation pour les forces de sécurité et d’équipement anti-émeutes ». Une manière de dire que la SADC va soutenir le régime en place par l’envoi des armes et des hommes. Or, de l’autre côté, la SADC encourage le processus de dialogue en cours à Madagascar et recommande avec insistance que toutes les parties prenantes aux négociations maintiennent leur engagement au processus jusqu’à ce qu’une solution pacifique soit trouvée et s’abstiennent de recourir à la violence pour résoudre leurs différends. 

samedi 21 février 2009

A suivre: Quatre Français expulsés de Madagascar

Madagascar Tribune, vendredi 20 février 2009 

Avec l’aval du président de la République Marc Ravalomanana, le ministère malgache de l’Intérieur a pris le 3 février, sous la référence n°022/MI/SG/DCE/SCE, un arrêté d’expulsion concernant quatre hommes d’affaires français, officiellement accusés d’atteinte à la sûreté de l’Etat et de trouble à l’ordre public. Les quatre personnes ont été cueillies à leur domicile et mises dans un avion en direction de Paris, le 6 février.

Il s’agit du dirigeant de la société Assist Développement, Alain Moyon et son père, de Patrice Neveu et de Patrick Leloup. Selon nos sources, Patrice Neveu est un promoteur immobilier qui était intervenu récemment dans une émission de télévision de la chaîne française TF1, pour vanter le bas coût du m2 de terrain à Nosy Be. Il a déjà été expulsé de Madagascar en 2002, alors qu’il résidait à Mahajanga avec son épouse de l’époque, Nathalie Barday.

Dessous politique

Patrice Neveu est actuellement le gendre de Pascal Rakotomavo, l’ancien Premier ministre malgache. Un ancien Premier ministre qui est l’une des éminences grises du maire destitué d’Antananarivo, Andry Rajoelina selon nos sources. Patrick Leloup, quant à lui est un proche et ancien conseiller d’Alain Ramaroson, lequel est à son tour un ancien conseiller de Marc Ravalomanana, passé actuellement dans le camp de Andry Rajoelina.

Pour ce qui est d’Alain Moyon, il était en conflit judiciaire avec Maminiaina Rasolondraibe, le patron de Funreco et avait des ennuis avec des Malgaches à propos de sa demande de concession sur l’île Nosy Hara et l’archipel des Mitsio. Par contre, il bénéficiait du soutien d’Heriniaina Rabemananjara, le fils de l’actuel Premier ministre malgache Charles Rabemananjara.

Le ministère français des affaires étrangères semble vouloir minimiser ces expulsions en estimant qu’elles n’ont rien à voir avec le contexte politique actuel et qu’elles répondent simplement à des faits délictueux.

Note de Geostrategy:
Dans l’introduction, il est écrit que Patrice Neveu a déjà été expulsé de Madagascar en 2002. Cette information est incorrecte, il s’agit plutôt de Riaz Barday, promoteur immobilier et ancien propriétaire de Nosy Iranja, mari de Natacha et non Nathalie Barday. Patrice Neveu n’a jamais été auparavant expulsé de Madagascar.
La societe ASSIST DEVELOPMENT etait par ailleurs recemment mise en accusation pour une appropriation "critiquee" de deuyx iles a Nosy Be.