dimanche 21 juin 2009

Les 19 pays africains du Comesa se dotent d'une union douanière

07/06/2009 – Source AFP

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a lancé dimanche l'union douanière du Comesa, le Marché commun d'Afrique du Sud et de l'Est, appelant les investisseurs internationaux à travailler avec ses 19 pays membres et à la fin des conflits dans la région.

"Notre message aux investisseurs du monde entier est clair: nous avons un marché régional pour vous, venez au Comesa", a lancé le chef de l'Etat zimbabwéen qui préside actuellement ce bloc, réuni en sommet dans la ville touristique de Victoria Falls, dans l'ouest du Zimbabwe.

"Au monde entier, nous voulons dire que nous sommes le Comesa et que nous pesons comme bloc régional, nous voulons être pris au sérieux", a poursuivi M. Mugabe.

L'union douanière du Comesa, projet longtemps envisagé et retardé, devrait permettre une harmonisation des droits de douane sur les produits entrant dans le bloc économique et ceux circulant dans la région.

Selon l'accord qui doit être détaillé lundi, les matières premières notamment circuleront exonérées de taxes, tandis que les produits intermédiaires et manufacturés devraient être taxés à un maximum de 25%.

La plupart des 19 membres du Comesa, qui représentent 400 millions d'habitants et un PIB global de 360 milliards de dollars, ont déjà levé les restrictions aux visas de tourisme à l'intérieur du bloc.

Créé en 1993, le Comesa regroupe le Burundi, les Comores, Djibouti, la République démocratique du Congo (RDC), l'Egypte, l'Erythrée, l'Ethiopie, le Kenya, la Libye, Madagascar, le Malawi, Maurice, le Rwanda, les Seychelles, le Soudan, le Swaziland, l'Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe.

M. Mugabe, dont le pays tente de sortir d'une crise politique et économique, a aussi appelé à la fin de la violence dans la région de manière à "faire de l'Afrique un continent d'opportunités pour tous ses peuples".

"Vous serez sûrement d'accord avec moi pour dire que les conflits constituent un cancer grave dans notre région comme dans beaucoup d'endroits en Afrique", a-t-il déclaré.

"Les conflits nous ont fait perdre de la main d'oeuvre de valeur, du fait des morts et des déplacements de populations. Cela a aussi défavorablement touché nos économies en termes de productivité et de prospérité", a-t-il poursuivi.

Le Comesa, dont le siège se trouve à Luzaka (Zambie), espère que cette union douanière va permettre de simplifier les échanges commerciaux, de renforcer l'intégration au sein du bloc et de mener in fine à une monnaie unique.

Selon des responsables, le Comesa a déjà permis depuis 2000 de multiplier par cinq les échanges commerciaux en Afrique, à 15 milliards de dollars actuellement.

Mais des économistes interrogés doutent que le modèle commercial traditionnel de l'Afrique ne puisse changer. "Les Etats Africains ne font pas de commerce entre eux", relève ainsi Bongani Motsa, consultant financier au Pan African Advisory Service.

Le sommet était marqué par la présence du président soudanais Omar el-Béchir, objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour (région de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile).

L’intégration régionale en Afrique australe fait un autre pas

(IPS 18/06/2009) - Stanley Kwenda s’entretient avec SINDISO NGWENGA, secrétaire général du COMESA.

HARARE,(IPS) - Le Zimbabwe vient d’abriter le 13ème sommet du Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA) où une union douanière entre certains pays de la région a été lancée. Mais améliorera-t-elle le commerce régional et aidera-t-elle le passage à travers les frontières pour les nombreuses femmes commerçantes des pays membres?

Stanley Kwenda a posé des questions à Sindiso Ngwenga, secrétaire général du COMESA, par rapport à la valeur ajoutée, les lignes de crédit régionales et la façon dont cette union douanière aidera les femmes commerçantes transfrontalières.

IPS: Le thème du sommet était "Renforcer l’intégration régionale à travers la valeur ajoutée, le commerce et la sécurité alimentaire". Que signifie cela?

Sindiso Ngwenga: Au cours des 25 dernières années, le COMESA (et son incarnation précédente) en tant que Zone commerciale préférentielle pour les Etats d’Afrique orientale et australe, a fait d’importants progrès en intégrant les économies des régions de l’Afrique orientale et australe, culminant avec le lancement de la Zone de libre-échange du COMESA en 2000. Par la suite, le commerce au sein du COMESA est apparu.

Nous avons vu la diversification du commerce et des investissements transfrontaliers. Par exemple, le Kenya est devenu un grand investisseur en Ouganda, en Tanzanie et au Rwanda. Nous avons vu également des entreprises zimbabwéennes investir dans la région malgré la crise économique à laquelle il est confronté.

Des entreprises, telles que 'Dairiboard Zimbabwe Limited ', ont acquis une usine de fabrication d’agenda en Ouganda, puis le secteur de l’assurance et de banque du Zimbabwe est entré dans la région. C’est à partir de ce mouvement que nous voulons consolider le commerce entre les pays du COMESA.

IPS: Que signifie le lancement d’une union douanière pour les pays membres?

SN: L’union douanière aplanira le terrain de jeu entre les pays du COMESA. Quand il s’agit des droits de douane, des taxes et autres impôts connexes imposés aux produits venant de l’extérieur du COMESA, il y aura un traitement égal. Par exemple, si un tarif extérieur commun implique des matières premières venant de l’extérieur de la région, elles entraîneront zéro pour cent de droit de douane.

Il en est de même pour les biens d’équipement, alors que les produits intermédiaires impliqueront 10 pour cent de droit de douane et que les produits finis ou manufacturés nécessiteront 25 pour cent de droit de douane.

IPS: Quels sont les avantages qu’elle apportera?

SN: Le tarif extérieur commun signifie que les pays du COMESA auront une politique commerciale commune vis-à-vis des pays tiers. Les investisseurs sauront d’avance le type de droits qu’ils paieront. Ils sauront que s’ils amènent des biens d’équipement dans la région, ils ne seront pas taxés.

Cela aplanira le terrain de jeu parce que les pays imposent différents pourcentages, conduisant d’autres à se plaindre que le terrain n’est pas nivelé et qu’ils ne peuvent pas concurrencer. Elle amènera également la transparence et la prévisibilité des prix pour les investisseurs parce que quand vous avez une politique commerciale commune, il n’est plus question que chaque pays décide des types de taxes à imposer sur les biens venant de l’extérieur.

IPS: Qui bénéficiera le plus?

SN: Cette union douanière est pour les gens tels que les producteurs agricoles, les fabricants et ceux du secteur des services. Mais ces secteurs ne peuvent concurrencer mondialement que s’il existe une valeur ajoutée considérable aux produits africains.

La part du COMESA dans le commerce mondial a besoin d’être augmentée et ce sera la deuxième étape après le lancement de l’union.

IPS: Avez-vous une stratégie de valeur ajoutée?

SN: Nous avons la vision de 'Acheter l’Afrique, construire l’Afrique (BABA)'. Elle dit que si nous ajoutons de la valeur à nos produits de base, nous règlerons la question de la création de la richesse. Cela signifie que nous avons besoin de commencer par transformer, marquer et commercialiser nos produits. Nous devrions cesser d’exporter les matières premières que nous importons à un prix plus élevé que les (matières premières).

Le rêve est d’avoir des agriculteurs qui bénéficient directement de la sueur de leur labeur.

IPS: Quel est votre message aux leaders politiques à cet égard?

SN: Ayons plus de petites et moyennes entreprises (PME) dans nos pays et rassemblons-les dans des réseaux à travers des contrats pour produire ou sous-traitons-les pour faire des travaux au nom des acteurs de marché internationaux les plus grands. C’est la seule voie par laquelle ils peuvent se développer et être un jour mondialement compétitifs.

IPS: Quel type de mesures êtes-vous en train de prendre pour atténuer le fardeau du commerce dans le secteur des services étant donné que les pays africains doivent continuer de confirmer des crédits via l’Europe et l’Amérique?

SN: Nous avons la chambre de compensation du COMESA qui sera abritée par le Zimbabwe. Elle est fondamentalement un système régional des paiements qui permettra aux pays africains de faire du commerce sans passer par Londres et New York pour confirmer des lettres de crédit. Elle sauvera des millions de dollars pour l’Afrique et accélérera les paiements aux exportateurs.

IPS: Comment les commerçants transfrontaliers vont-ils profiter de cette union douanière?

SN: Ils ont été déjà pris en compte dans le cadre de la Zone de libre-échange (FTA) du COMESA. Ils font du commerce hors taxe et hors quota. Nous avons l’Association transfrontalière du COMESA et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Mais l’objectif ultime est de se débarrasser des règles d’origine, ce qui signifie que nous aurons une libre circulation des biens et services une fois que l’union sera totalement opérationnelle.

IPS: Les commerçants transfrontaliers se plaignent que la zone FTA dont vous parlez n’a pas apporté la libre circulation des personnes.

SN: Il y a des pays qui ont signé le protocole du COMESA sur la libre circulation des personnes. Mais d’autres pays estiment que s’ils font ainsi, ils auront un déluge de gens. Dans les pays où il y a la libre circulation des personnes, nous n’avons pas vu cela. Ce que nous avons, c’est une peur de l’inconnu.

Ce que nous envisageons, c’est une intégration entre les peuples parce que c’est seulement à travers ces efforts individuels et collectifs que l’Afrique peut devenir ce que sont l’Inde et la Chine – les locomotives de l’économie mondiale.

IPS: Les femmes constituent le plus grand nombre des commerçants transfrontaliers. Comment bénéficieront-elles sous cet arrangement?

SN: Conformément aux articles 154 et 155 du Traité du COMESA, l’association a adopté la Politique de genre du COMESA et la Déclaration de 2002 d’Addis-Abeba. La Politique de genre du COMESA plaide pour une participation équitable et totale des femmes à tous les aspects des activités du COMESA et d’autres opérations se produisant dans la région.

La discrimination positive sera appliquée pour s’assurer que les obstacles, qui empêchent la participation des femmes aux activités fondamentales du COMESA, telles que le commerce, le secteur privé, le développement de l’infrastructure, la science et la technologie, seront corrigés et levés.

La politique du COMESA facilitera également la "mise en conformité avec le genre" de la législation dans les Etats membres afin de promouvoir l’accès et le contrôle des femmes sur des ressources productrices telles que la terre, la technologie et le crédit.

IPS: Cette union douanière changera-t-elle la manière dont les pays africains sont en train de négocier les accords de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne?

SN: J’espère que le lancement de notre union douanière verra nos pays négocier comme un seul bloc. Nous travaillons déjà ensemble sur les APE en tant que SADC et COMESA.

vendredi 19 juin 2009

L'Europe alimentée par l'électricité africaine

ULYSSE BERGERON, LESAFFAIRES.COM, 16 juin 2009

Une vingtaine d'entreprises allemandes formeront un consortium chargé de construire une centrale solaire géante dans les déserts d’Afrique du Nord afin d’alimenter l’Europe en énergie « propre », selon le quotidien berlinois Der Spiegel.

Dès le 13 juillet prochain, le réassureur allemand Munich Re veut réunir une vingtaine de multinationales dont la Deutsche Bank, RWE, Siemens – et d'autres qui ne veulent pas être identifiées -- pour lancer formellement ce consortium.

Des entreprises européennes et du bassin méditerranéen et des observateurs de la Ligue arabe seront également présents, a précisé hier Michael Straub, porte-parole de la fondation Desertec, un des promoteurs du projet, selon ce que rapporte AFP.

Cette centrale solaire de plusieurs milliers de kilomètres carrés serait construite dans les déserts de l'Afrique du Nord, près du Proche-Orient. Elle pourrait produire environ 15% des besoins énergétiques européens.

Le coût du projet est estimé à 400 milliards d'euros (environ 630 milliards de dollars canadiens), d'ici 2050. Une première mise en service aurait lieu dans 10 ans, selon les calculs de l'institut de thermodynamique technique du centre aérospatial allemand (DLR).

Par contre, la technologie utilisée ne serait pas celle du photovoltaïque (panneaux solaires). Il s'agirait plutôt d'énergie solaire thermique, soit d'immenses miroirs paraboliques produisant de la vapeur d'eau à 400° Celsius sous pression, qu'une turbine traditionnelle convertit en électricité.

Même si l'électricité produite n’est pas rentable actuellement, l'électricité solaire pourrait être parmi les plus abordables dans une décennie plus ou moins, selon les spécialistes du DLR.

Ce projet a reçu le soutien des écologistes. Selon ce que rapporte AFP, Greenpeace estime que le projet rendrait «superflues la construction de nouvelles centrales thermiques et la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires».

mercredi 17 juin 2009

Vivendi pourrait chasser sur les terres d'Orange en Afrique


Le groupe français négocie le rachat des activités africaines du koweïtien Zain. Une telle opération, qui pourrait atteindre 10 milliards de dollars, donnerait à Vivendi une présence dans une vingtaine de pays d'Afrique, zone en forte croissance. Mais une telle acquisition apparaît financièrement risquée.

Vivendi, dont le cours a chuté de 25 % depuis le 1er janvier - la plus mauvaise performance du CAC 40 -, pèse aujourd'hui 20,6 milliards d'euros. Un rapprochement entre les deux groupes créerait un géant du mobile avec un total de 105 millions d'abonnés. Mais, pour la plupart des observateurs, la cible est un peu trop grosse pour le français.
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Les champions français du mobile font aussi la course en Afrique. Alors que France Télécom est en pleine bataille pour asseoir son contrôle sur l'opérateur égyptien Mobinil et ses 21 millions d'abonnés (« Les Echos » du 11 juin), son concurrent Vivendi négocie apparemment le rachat des activités africaines du koweïtien Zain, qui compte, lui, plus de 40 millions de clients mobiles sur le continent !

La rumeur de ces discussions entre le français et l'ex-groupe MTC, rebaptisé Zain en 2007, a filtré la semaine dernière dans la presse koweïtienne et nigériane.

Pas de démenti formel

Deux scénarios ont circulé : une fusion entre Vivendi et Zain par échange de titres, qui serait une opération lourde et quelque peu risquée financièrement pour l'acquéreur français ; ou la seule acquisition des actifs de Zain en Afrique par Maroc Telecom, filiale à 53 % de Vivendi, qui apparaît plus crédible aux yeux de la plupart des observateurs. Contacté vendredi par « Les Echos », un porte-parole de Vivendi se bornait à répondre : « Si des dossiers circulent, nous les regarderons mais rien n'est imminent. » Pas de démenti formel donc.

D'ailleurs le dirigeant d'un autre opérateur très présent dans la région jugeait « très crédible l'existence de discussions entre Vivendi et Zain sur l'Afrique » : « Les koweïtiens pèsent lourd en Afrique depuis le rachat de Celtel en 2005 pour 3,4 milliards de dollars, mais leur croissance s'est faite en cassant les prix du mobile au détriment de la marge. Et ils ont des problèmes avec les autorités politiques dans certains pays. »

Sur le papier, Zain dans son ensemble est une cible de choix pour un poids lourd européen des télécoms en quête de relais de croissance dans les pays émergents.

L'ex-MTC, qui est présent dans 23 pays, du golfe Persique jusqu'à l'Afrique des Grands Lacs et Madagascar, compte au total près de 65 millions d'abonnés.

Problème, le groupe koweïtien est aujourd'hui valorisé à 4,8 milliards de dollars locaux à la Bourse de Koweit City... soit 12,3 milliards d'euros !
Géant du mobile

De son côté, Vivendi, dont le cours a chuté de 25 % depuis le 1er janvier - la plus mauvaise performance du CAC 40 -, pèse aujourd'hui 20,6 milliards d'euros. Un rapprochement entre les deux groupes créerait un géant du mobile avec un total de 105 millions d'abonnés, sachant que Vivendi en compte 40 millions (répartis à 50-50 entre SFR et Maroc Télécom).

Mais, pour la plupart des observateurs, la cible est un peu trop grosse pour le français. Financer une acquisition par augmentation de capital est certes possible, mais l'opération sera fortement dilutive. Quant à s'endetter, c'est aussi possible, mais modérément.

A la fin 2008, Vivendi, noté BBB par Standard & Poor's, supportait une dette nette de 8,3 milliards d'euros. Sans parler des risques politico-diplomatiques : Zain est le première opérateur mobile en Irak et vient de racheter l'opérateur palestinien Paltel...

En revanche, les possessions africaines du groupe koweïtien peuvent constituer une cible de choix dans le cadre d'une opération plus raisonnable pour Vivendi.
L'Afrique, nouvel eldorado

Alors que l'Inde a déjà été conquise par le britannique Vodafone et l'Amérique du Sud par l'espagnol Telefónica, le continent africain fait un peu figure de dernier eldorado du mobile.

Orange est ainsi devenu le premier opérateur en Afrique avec 45 millions d'abonnés dans 15 pays (dont l'Egypte, la Côte d'Ivoire, le Sénégal...), alors que Vivendi en compte 20 millions dans quatre pays (Maroc, Mau- ritanie, Burkina, Gabon) via Maroc Telecom.

D'ailleurs, preuve de l'intérêt porté à l'Afrique, l'indien Barthi est en négociation pour racheter le deuxième opérateur du continent, MTN. Pourtant, là aussi, les risques existent pour Vivendi, qui avait cherché à racheter Tunisie Telecom en 2006. L'addition pourrait encore être un peu trop élevée au regard de la qualité des actifs de Zain. Les activités des koweïtiens en Afrique ont dégagé l'an passé un résultat brut d'exploitation de 1,834 milliard de dollars.

La dette de Zain (5,4 milliards de dollars) est surtout portée par les différentes branches africaines.

Les 16 opérateurs contrôlés par Zain sur le continent pourraient donc valoir environ 10 milliards de dollars, dette comprise. Or, dans certains pays comme Madagascar, la facture mensuelle moyenne est inférieure à 8 dollars.

JEAN-CHRISTOPHE FÉRAUD ET GUILLAUME DE CALIGNON, Les Echos

samedi 13 juin 2009

Comesa/Communiqué final : Le sommet réitère « sa préoccupation quant aux tensions persistantes à la frontière entre Djibouti et l’Erythrée »

Source: Agence Djiboutienne d'Information

La République de Djibouti a obtenu, lors du 13ème sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement du Comesa qui vient de se clôturer à Victoria Falls, le privilège d’abriter le siège de la Compagnie de télécommunications du Comesa (COMTEL).

Plus généralement, et selon le communiqué final publié à l’issue du sommet, les Chefs d’Etat et de Gouvernement, sur les questions liées au commerce, se sont mis d’accord sur le lancement effectif de l’Union Douanière.

Le sommet entérine la réglementation du commerce de service tel qu’adopté par le conseil. Le sommet entérine la décision de la 25ème réunion des conseils des ministres, prorogeant de 2 années supplémentaires, à compter de janvier 2009, la dérogation de non réciprocité des préférences tarifaires, dont bénéficie le Royaume du Swaziland.

Sur la croissance des échanges intra-comesa, le conseil note avec satisfaction et exhorte les pays membres à mettre en œuvre le régime du commerce simplifié afin de renforcer les échanges entre les pays membres.

Sur les transformations et la communication, les chefs d’Etat ont décidé que le Secrétariat en collaboration avec le groupe de travail tripartite, organise une conférence de haut niveau en vue de la modernisation des ressources pour le développement du Corridor Nord ; Monbassa au Ghana via Kampala et jusqu’à Kigali et Bujumbura, du Corridor sud ; Soudan-Ethiopie, Corridor Djibouti-Addis Abeba.

Sur le thème de la paix et de sécurité, le communiqué final du Comesa exhorte les états membres à renforcer leurs missions de prévention des conflits à travers la mise en place d’un système d’alerte précoce tout en traitant les questions relatives à la reconstruction et à la réconciliation après conflit.

Le Comesa note par ailleurs avec grande préoccupation les actes croissants de la piraterie aux larges de la côte somalienne et du canal de Mozambique, lesquelles ont un impact négatif important sur les économies des états membres du Comesa et constituent une menace à la paix et à la sécurité dans la région.

Les Chefs d’Etat ont appelé la communauté internationale à emprunter une approche coordonnée pour s’attaquer aux problèmes des pirateries à travers les Nations-Unies.

Le sommet a réitéré sa préoccupation quant aux tensions persistantes à la frontière entre Djibouti et l’Erythrée ainsi que dans les relations entre les deux pays, et a rappelé que le comité de paix et de sécurité de l’Union Africaine avait recommandé au Comesa de saluer les efforts en cours par les membres de la communauté internationale et par l’Onu pour résoudre ce conflit.

Le communiqué final réitère sa préoccupation pour l’impasse continue que connaît le processus de paix entre l’Ethiopie et l’Erythrée et lance un appel pour des efforts renouvelés, notamment par l’UA et la Communauté Internationale en vue d’aider les deux pays à surmonter la situation actuelle, à normaliser leur relation et à poser la fondation pour une paix globale et durable entre les deux pays.

Le communiqué final salue les gouvernements de la République Démocratique du Congo, de la République de l’Ouganda, de la République du Soudan et de la République du Rwanda, pour leurs collaborations face aux forces négatives qui s’emploient à déstabiliser la région des Grands Lacs.

Il a appelé le Gouvernement et le peuple du Soudan à poursuivre la collaboration avec les Nations-Unies et l’Union Africaine en quête d’une solution pacifique durable au conflit de la région du Darfour dans l’Ouest soudanais.

Il exprime enfin sa satisfaction pour l’amélioration de la situation sécuritaire au Burundi et réitère son appui au Gouvernement et au peuple burundais pour leur engagement en faveur d’une paix durable.