jeudi 11 juin 2009

Le Forum économique mondial sur l'Afrique cherche à résoudre la crise

11/06/2009 - AFP

Le 19e Forum économique mondial (WEF) sur l'Afrique, qui se tient de mercredi à vendredi en Afrique du Sud, va tenter de déterminer l'impact de la crise économique mondiale sur le continent habité le plus pauvre et y trouver des réponses sur le long terme.

L'Afrique doit "se positionner pour répondre à la crise (. . . ). Elle doit être prête à régler ce problème", a exhorté le président sud-africain Jacob Zuma à l'ouverture du Forum au Cap (sud-ouest).

"Aucune région (du monde) ne va répondre de la même façon" à la crise économique mondiale qui a montré la nécessité de changer le système financier mondial, a-t-il déclaré.

"L'Afrique peut compter sur sa population, jeune et en augmentation", ses ressources naturelles et un possible retour de sa diaspora qui a découvert avec la crise que "l'herbe n'est pas nécessairement plus verte de l'autre côté", a-t-il estimé.

Protectionnisme des pays développés

M. Zuma a aussi dénoncé le protectionnisme auxquels les pays développés ont recours plus que jamais en période de crise et qui handicape le continent noir.

Le WEF réunit jusqu'à vendredi quelque 800 personnes, dont des banquiers et chefs d'entreprise, ainsi que des représentants de pays et institutions d'Europe, des Etats-Unis, de Chine et du Moyen-Orient. Plusieurs dirigeants africains avaient aussi fait le déplacement mercredi, dont M. Zuma et les présidents zambien Rupiah Banda et rwandais Paul Kagame.

"Le but de ce sommet est d'amener les leaders africains et internationaux à discuter ensemble des conséquences de la crise en Afrique", a déclaré à l'AFP la directrice du 19e WEF, Katherine Tweedie.

"Beaucoup de gens viennent pour savoir (. . . ) ce que certains chefs d'entreprise ont fait dans leur propre société en manque de capitaux et sans possibilité de financement, pour savoir si l'Afrique est un endroit sûr pour investir", a-t-elle expliqué.

Chute des cours des matières premières

L'Afrique a été tardivement mais très violemment touchée par la crise mondiale, de nombreux pays étant frappés de plein fouet par la chute des cours des matières premières. Conséquence, après cinq années consécutives de croissance annuelle supérieure à 5%, l'expansion sur le continent noir devrait ralentir en 2009 à 2%, son plus bas niveau depuis une vingtaine d'années, selon l'ONU.

L'Afrique du Sud, première puissance économique du continent, vient ainsi d'entrer en récession pour la première fois en dix-sept ans.

La baisse de la demande en ressources naturelles, principales richesses de nombreux pays africains, sera largement discutée lors de ce forum, tout comme les investissements, le G20, l'agriculture ou encore la promotion des femmes.

"Encourager les leaders à collaborer au-delà des frontières"

Plus largement, les échanges entre l'Afrique et les autres pays seront au coeur des discussions afin d'"encourager les leaders à collaborer au-delà des frontières".

Le WEF se penchera en particulier sur les relations sino-africaines, en s'intéressant à un nouvel angle, le secteur financier, avec le président de la Banque industrielle et commerciale de Chine, Jiang Jianqing.

La situation au Zimbabwe sera également évoquée en présence de son ministre des Finances Tendai Biti, désespérément à la recherche d'aides pour reconstruire l'économie en ruine de son pays.

A un an de la Coupe du monde de football, organisée en Afrique du Sud, le Forum économique mondial sur l'Afrique a prévu une session sur les retombées sur le continent africain de la Coupe des Confédérations, organisée du 14 au 28 juin en Afrique du Sud, et du Mondial-2010.