mercredi 9 septembre 2009

IndianOil consolide ses opérations à Maurice avec des bénéfices de Rs 129 millions

By Debesh Beedasy, Le Matinal

La compagnie de distribution d’hydrocarbures, IndianOil, a de quoi se réjouir de ses opérations mauriciennes. En l’espace de cinq ans, la compagnie a gravi les échelons pour occuper désormais la 16e place au classement des 100 entreprises les plus performantes du pays.

Selon le dernier rapport annuel d’IndianOil, la compagnie a enregistré un chiffre d’affaires de Rs 5 milliards (USD 158 millions), soit une hausse de 27 % sur sa performance durant la précédente année financière. Le bilan financier pour l’année financière 2008-2009 présente des bénéfices après impôts de Rs 129 millions, soit une hausse de 22,4 % sur les chiffres enregistrés l’année précédente.

Dans le dernier bilan financier du groupe, la compagnie a atteint sa meilleure performance depuis le début de ses opérations commerciales en 2004 et a atteint des revenus de Rs 5 milliards contre Rs 3,9 milliards, soit une hausse de 27 %.

Une combinaison des facteurs positifs, dont le volume additionnel obtenu par le biais d’un investissement stratégique au Mauritius Container Terminal et les recettes provenant de la location de ‘tanks’ à la State Trading Corporation (STC) ainsi que l’optimisation des opérations ont contribué significativement à l’augmentation du chiffre d’affaires d’IndianOil à Maurice.

Il est à noter aussi qu’IndianOil est aujourd’hui une ‘Debt Free Company’. Elle a en effet pu repayer ses prêts de Rs 135,7 millions, soit USD 4,2 millions, qui ont été utilisées pour générer des fonds dans la companie. Malgré le prix élevé des produits pétroliers et les problèmes de liquidité chez les consommateurs, IndianOil a enregistré des recettes nettes de Rs 997,6 millions durant la dernière année financière.

IndianOil s’est établie comme un acteur important dans le secteur de la distribution de carburants pour l’aviation à Maurice en obtenant des contrats avec plusieurs compagnies aériennes, dont Air Mauritius, Air Framce et Corsair. Elle est désormais la première compagnie sur le marché de carburants pour avion avec une part de marché de 35 %.

IndianOil marque également une importante présence dans les activités de ‘bunkering’. Cependant, de nouvelles possibilités sont actuellement en voie d’être explorées en vue d’améliorer les infrastructures pour répondre à la demande croissante due à une hausse des activités de pêche, des croisières et des industries en général. Le fait que des navires préfèrent se ravitailler à Maurice a également contribué à la bonne performance d’IndianOil.

Par ailleurs, le marketing de Mogas, de l’essence et d’autres produits pétroliers se fait à travers le réseau de stations-service. Il est à noter qu’IndianOil a augmenté le nombre de ses stations-service de 13 l’année dernière à 17 cette année.

“Alors que l’environnement des affaires devient de plus en plus empreint de défis, l’importance d’avoir des pratiques de bonne gouvernance se fait davantage ressentir. Cela assurera que des principes ne soient pas compromis sous des pressions opérationnelles”, indiquent les dirigeants dans le dernier rapport financier de la société.

IndianOil Corporation est une compagnie pétrolière nationale indienne. Il s’agit de la plus importante entreprise indienne en termes de chiffre d’affaires, apparaissant à la 105e position du classement Fortune Global 500.

Issue de l’IndianOil Company Ltd créée en 1959, IndianOil Corporation voit le jour en 1964 à l’issue de la fusion avec Indian Refineries Ltd.

IndianOil et ses filiales détiennent près de la moitié du marché indien des produits pétroliers. Elle détient 40 % des capacités de raffinage, 67 % des capacités de transport et est dotée d’un réseau de plus de 15 000 stations-service dans la Grande péninsule.

IndianOil fournit un large éventail des produit pétroliers incluant l’essence, le diesel, le GPL (gaz de pétrole liquéfié), les lubrifiants, le bitume et du kérosène.

IndianOil s’est récemment dotée d’un département pour la fourniture de GNL (gaz naturel liquéfié).

vendredi 4 septembre 2009

Accord UE-ESA: Sithanen veut plus de ressources

Rama Sithanen souhaite des ressources additionnelles de l’Union européenne suite à l’accord de partenariat économique entre celle ci et la région Eastern and Southern Africa (ESA).

Un forum a été organisé, le 27 août, à l’hôtel le Méridien pour évoquer l’accord de partenariat économique entre l’Union européenne et la région Eastern and Southern Africa (ESA-EC). Le ministre des Finances s’est exprimé sur la nécessité que les pays africains aient «des ressources additionnelles et nouvelles».

Plus de ressources de l’Union européenne est nécessaire car, selon Rama Sithanen, quand «ces pays de l’ESA enlèveront leurs barrières, ils auront à faire face à des coûts sociaux et économiques d’ajustement». Pour le ministre des Finances, «c’est bien d’ouvrir les marchés, mais il faut que ces pays puissent ensuite produire pour exporter».

L’importance du marché de l’Union européenne pour Maurice et les autres pays ACP a aussi été abordée par Rama Sithanen. «L’Union européenne est le partenaire le plus important pour l’Ile Maurice et pour les autres pays de l’ACP, que se soit pour le sucre, textile, la pêche, le tourisme ou pour le development». «Il ne faut pas oublier que c’est l’UE qui nous donne le plus de subventions», ajoute Rama Sithanen.

La Réunion absente de la signature de l’APE intermédiaire

mercredi 2 septembre 2009 - Manuel MARCHAL

Dans "Témoignages" d’hier, Maurice Cérisola, président de l’ADIR et acteur du monde économique, trouve « catastrophique » et « impensable » l’absence de La Réunion lors de la signature samedi dernier à Maurice de l’Accord de partenariat économique intérimaire entre plusieurs pays de notre région et Maurice. Comment en effet parler d’intégration dans l’environnement régional lorsqu’au moment où se prennent les décisions stratégiques, nous ne sommes pas conviés ? Cette signature sans La Réunion a lieu au moment où la synthèse locale des États généraux demande une représentativité accrue de notre île dans les négociation commerciales, alors que pour leurs part, Région et Département demandent une autre gouvernance dans ce domaine.

Maurice Cérisola juge bien plus qu’inquiétante l’absence de La Réunion de la cérémonie de signature de l’APE intermédiaire entre plusieurs pays de notre région et l’Union européenne. Pour cet acteur du monde économique réunionnais, cette situation est « catastrophique », « impensable ». Du côté du Centre de conférence des Pailles à Maurice, un pays dix fois moins peuplé que La Réunion, les Seychelles, était pour sa part bien présent. Et dans l’accord signé, nos amis seychellois ont pu préserver de la concurrence un secteur stratégique pour leur développement : la pêche.

Pour les Réunionnais, le seul secteur productif qui est exclu de l’accord est l’industrie sucrière. Mais de manière temporaire, et cela ne concerne donc, faut-il le rappeler, qu’un seul produit de la canne, le sucre roux. Il est possible d’importer de la mélasse du Pakistan, et on trouve déjà dans les rayons des grandes surfaces à Saint-Denis du sucre bio en provenance du Brésil.

Quel co-développement ?

Dans leur projet commun, le Conseil général et la Région pose la question de l’adaptation des politiques, notamment décidées à Bruxelles. « Quelle suite véritable pourraient avoir ces États généraux (…) si les APE ouvrent davantage le marché réunionnais à la concurrence des ACP voisins ? ».

Et de proposer « d’intégrer pleinement la vocation de La Réunion à être porteuse dans la zone d’une politique de co-développement durable en tant que région ultrapériphérique française de l’Union, notamment par la désignation de la Région comme chef de file en la matière ». Cela passe par une autre gouvernance, car « il n’est pas possible à la collectivité régionale de bâtir une stratégie de développement fondée sur l’insertion de La Réunion dans son environnement régional et géo-économique si elle n’est pas partie prenante des relations et des accords internationaux avec les pays de cet environnement. Ce qui n’est nullement contradictoire avec l’exercice de la souveraineté de l’État en dernière analyse ».

Pour sa part, la synthèse locale des États généraux souligne ceci : « un troisième niveau de décisions d’importance croissante relève des différentes organisations régionales (AfOA, Comesa, COI, etc.). Le rapprochement progressif de ces organisations en vue d’une intégration politique et économique régionale est un élément déterminant de l’avenir de l’environnement géographique de La Réunion, auquel elle doit prendre part activement pour que son projet de développement soit cohérent avec celui de ses voisins, au nom de la notion de co-développement qui a été identifiée ces dernières années ».

Séquelle de l’avant 19 mars ?

Et de préciser que « La Réunion doit aussi voir sa représentativité accrue dans les enceintes de négociation internationale, tant en matière de négociations commerciales (APE, AfOA, Comesa, SADC) que de négociations de pêche (CTOI) ou de coopération (COI) ; La Réunion pourra ainsi contribuer davantage à la gestion et à la valorisation de la ressource halieutique et de la biodiversité de l’océan Indien, comme à sa sécurité ».
On voit que se dessine clairement la volonté de prendre des responsabilités dans les décisions qui engagent l’avenir du pays pour ce qui concerne ses relations avec son environnement immédiat.

Mais La Réunion n’était pas invitée samedi, et donc elle n’a pas pu faire entendre son point de vue, noyée qu’est notre région parmi les plus de 200 que représentait la Commissaire européenne au Commerce. C’est l’illustration de ce côté condescendant évoqué hier par Maurice Cérisola dans nos colonnes. Notre île ne doit plus être absente de ces prises de décisions qui engagent notre avenir. Il en va non seulement du développement du pays, mais aussi des objectifs que souhaitent atteindre les États généraux de l’Outre-mer lancés par le président de la République.

mardi 1 septembre 2009

Madagascar a signé les APE

La signature des accords de partenariat économique (APE) intérimaire entre les deux parties a été effectuée le 29 août à Maurice. Maurice, Seychelles, Zimbabwe et Madagascar sont les quatre pays signataires. Les Comores et la Zambie ont décidé par ailleurs de signer à une date ultérieure. Cette situation s'avère très importante pour Madagascar, car sa participation a fait l'objet d'une grande discussion compte tenu de la situation politique qui prévaut dans le pays. Selon une source proche du sujet, la participation de Madagascar n'a été acceptée qu'au dernier moment. Jusqu'à vendredi, une réponse précise auprès de la commission européenne à Madagascar n'a pas été obtenue.

L'accord présente de nombreux avantages pour les pays signataires. Ces derniers ont immédiatement accès et sans restriction aux pays de l'AfOA ainsi qu'à des règles d'origine améliorées.

Par ailleurs, les pays de l'AfOA ouvriront progressivement leurs marchés au cours des quinze prochaines années, éliminant progressivement les droits de douane, selon le pays, entre 80% et 98% de leurs importations en provenance de l’UE. « Nous disposons maintenant d’une base pour construire un partenariat commercial plus complet qui soutiendra les efforts déployés par les pays de l’AfOA, pour bâtir des économies diversifiées et durables », avance Catherine Ashton, commissaire européenne chargée du commerce.

Faute de délégation ministérielle en raison de la crise post Maputo II, c’est l’ambassadeur Bruno Ranarivelo qui a défendu la cause de Madagascar auprès de l’Union européenne (UE) et signé l’accord intérimaire de l’Accord de partenariat économique (APE).