jeudi 5 février 2009

EDF a du mal à répondre aux besoins réunionnais en électricité

CLICANOO.COM | Publié le 5 février 2009

Le centre de Saint-Pierre plongé dans le noir mardi durant toute la nuit, la Réunion entière rationnée en électricité hier… Depuis 36 heures, EDF est confrontée à de nombreux problèmes sur son réseau. La faute à des records historiques de consommation. Hier, à 11 heures, les habitants de l’île ont consommé 421 Mégawatts, un chiffre jamais atteint jusqu’ici.

Il y a de quoi devenir fou. EDF affronte depuis deux jours une succession d’avaries sur son réseau sans précédent. Tout a commencé mardi vers 13h30 par une première coupure qui concerne uniquement le centre-ville de Saint-Pierre. Les agents d’Électricité de France repèrent vite le problème : un câble souterrain a lâché au niveau du départ de la rue du Four à Chaux. Vite, on installe un câble de secours. Une heure après, le courant est revenu dans toute la ville. Mais, comble de malchance, à 16h45, le câble de secours lâche à son tour. Une partie de Saint-Pierre doit à nouveau se passer de la fée électricité. 2 500 foyers sont concernés, tout le long du front de mer, depuis la Ravine Blanche jusqu’à la rivière d’Abord, ainsi qu’une partie du centre-ville. Les agents d’EDF reviennent sur place. Ils prennent très vite conscience que la réparation ne va pas être aisée. On annonce aux commerçants que le courant ne devrait pas revenir avant 22 heures. Le soleil tombe et la ville d’ordinaire si festive se retrouve plongée dans une drôle d’atmosphère. L’ambiance est bonne au début sur le front de mer. Les gens ne savent pas forcément ce qui se passe. Mais la majorité estime que la lumière va vite revenir.

AMBIANCE DE WESTERN

On s’installe en terrasse histoire de discuter. Certains bars sortent les bougies. D’autres commerçants, comme le responsable de la crêperie Saint-Malo, se montrent très prévoyants et filent acheter un groupe électrogène. “Je me doutais que le courant reviendrait très tard”. Le patron breton est bien inspiré. L’électricité ne sera de retour dans toute la ville qu’à 4h25 du matin. Ne voyant pas la lumière réapparaître, bon nombre d’établissements du front de mer décident de fermer boutique. Seuls le Malones, la crêperie et le Sterne continuent d’accueillir des clients au regard quelque peu hagard. “Les gens ne comprenaient pas ce qui était en train de se produire. Ils étaient venus pour boire, manger ou faire la fête dans un des endroits les plus conviviaux de l’île et ils se retrouvaient finalement perdus dans une rue obscure où résistaient vaillamment trois établissements”, témoigne un restaurateur. “On aurait dit un western. Tous les rideaux ou presque étaient tirés. Et on ne voyait pas âme qui vive”, se souvient un habitant. Si la très longue coupure de mardi soir a fait le malheur de la plupart des commerçants saint-pierrois, certains affichent au contraire un large sourire. “Merci EDF ! Il faudrait qu’ils nous refassent le coup plus souvent. Tout le monde est venu chez nous et on a fait le chiffre d’affaires d’un week-end !”, se réjouit John du Malones. Côté réparations, quinze agents d’EDF ont passé leur nuit dans des tranchées qu’ils avaient eux-mêmes creusées à tenter de retrouver la source du problème puis d’y remédier. Ils y sont finalement parvenus au petit matin sans se douter que le soleil se levait sur une nouvelle journée de coupures. Mais, ça, c’est une autre histoire.

El.L et A.H

Record de consommation : la Réunion rationnée
Hier, toute l’île a été rationnée en électricité. De 13h30 à 17h30, des coupures tournantes d’une durée maximale d’une heure se sont succédé dans toutes les communes de la Réunion. “Nous avons été obligés de procéder ainsi. La journée d’hier était une journée classée rouge pour nous. Nous n’avons pas pu produire autant que ce que les gens ont consommé. Ces coupures tournantes étaient donc nécessaires à l’équilibre du réseau”, explique Patrick Aubry, chargé des relations avec 3la presse pour Électricité de France. Ces coupures successives d’électricité ne devraient pas se reproduire aujourd’hui. En effet, deux des turbines (moyens de production) qui étaient en panne hier devaient être de nouveau opérationnelles dès ce matin. “Hier, trois de nos moyens de production étaient inactifs : une turbine au Port, une à la centrale du Gol et une autre à Bois Rouge. Nous ne pensions pas cependant que la consommation serait si forte. Nous avons battu des records de puissance : 421 mégawatts appelés sur le réseau à 11 heures hier matin”. Face à cette surconsommation, EDF demande à ses clients, dans un communiqué, de réduire au maximum leurs dépenses d’électricité : “Toute la Réunion est concernée. Nous renouvelons notre appel à la sagesse de chacun pour que baisse le niveau de consommation”

“L’impression d’être seul au monde”
Farès, 32 ans, client du Tropic Hôtel à Saint-Pierre : “Quand je suis rentré à l’hôtel mardi soir après le boulot, j’ai appris que le quartier était privé d’électricité. Au début, c’était plutôt sympa. Avec mes voisins de palier, on en a profité pour discuter. Mais, on a vite déchanté : la course aux bougies, le frigo et la clim qui ne marchent plus, la chaleur suffocante… Impossible de dormir. À minuit, je suis sorti dans la rue. On ne voyait rien. Le no man’s land. On entendait juste quelques voix. Une ambiance fantomatique. Je suis retourné dans ma chambre et j’ai été réveillé à 2 heures du matin par le gardien de l’hôtel. Une voiture s’était fait braquer sous ma fenêtre. Heureusement, ce n’était pas la mienne”.

mercredi 4 février 2009

Comores: la tentation des petrodollars

Posté le 23.01.2009 par Inoussa pour Mayotte Hebdo

Les investisseurs du Golfe et du monde arabe se sont subitement pris de passion pour l'Union des Comores. L'afflux de pétrodollars et de capitaux issus des places les plus opaques de la finance internationale bouscule un pays qui se cherche, dans la précipitation et la confusion la plus totale, des dispositions législatives garantissant un échange gagnant/gagnant. Décryptage.

Donner à l'économie une impulsion, notamment grâce au programme "habitat" qui permettrait au pays d'entrer durablement dans une phase pérenne de croissance, c'était l'une des promesses de campagne d'Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, l'actuel président de l'Union des Comores. Force est de constater l'échec cuisant de la politique économique du Foundi. Aux dires de beaucoup de Comoriens, la situation est pire aujourd'hui qu'elle ne l'a jamais été. Les salaires de la fonction publique ne sont plus versés depuis février, la cherté des produits s'est accrue, les pénuries de carburant s'enchaînent, les nombreuses coupures d'électricité cassent le dynamisme des activités humaines et économiques, et le contexte international n'arrange rien. La révolution annoncée du mode de gouvernance n'a finalement pas eu lieu - la masse salariale des fonctionnaires représente 1,5 milliard de francs comoriens, soit 70% du budget de l'État - et la corruption continue de gangrener un pays qui souffre d'une gestion chaotique de ses maigres ressources.

Les nombreux défenseurs d'Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, élu en 2006, nuancent cependant ce constat. "Le président a fait le choix de relayer l'économie au second plan", avance un partisan de celui que beaucoup surnomment l'Ayatollah. L'homme a en effet monopolisé tous les efforts de la première moitié de son mandat vers un seul et unique objectif : ramener l'île d'Anjouan dans le giron de l'Union et casser définitivement les velléités séparatistes. Un combat politique, il est vrai compliqué au vu de l'Histoire et du contexte politique interne, que le président de l'Union a gagné, qui plus est de manière quasi pacifique, ramenant du même coup un élan de cohésion et d'unité entre les trois îles. Une victoire qui contribue encore aujourd'hui à donner au président Sambi une légitimité aux yeux du peuple comorien, malgré une atonie généralisée de son gouvernement et une absence inquiétante de perspective.

Pourtant, dans l'ombre de l'inertie de la politique économique, un groupe d'investisseurs étrangers n'a eu de cesse d'oeuvrer, à tel point que les premières réalisations de leurs nombreux et faramineux projets interpellent désormais le visiteur, comme l'habitant. Un aéroport flambant neuf, ici une banque fédérale, là un hôtel de luxe… A Moroni, tout le monde ne parle que d'eux. "Ils sont partout, ils rachètent des hôtels, des sites touristiques, amènent des hélicoptères et des avions, construisent des banques et impriment même un journal", livre avec perplexité un chauffeur de taxi.
"Ils", ce sont les membres du consortium Comoro Gulf Holding (CGH), une dizaine d'investisseurs koweïtiens, saoudiens et libanais. Présidé par Bachar Kiwan, consul des Comores au Koweït et influent homme d'affaires franco-libanais, le CGH est amené par le fils du ministre de la Défense du Koweït, le Cheick Sabah Jaber Mubarak Al-Sabah, qui détient 30% du capital de la holding.

12 millions de dollars pour un premier hôtel de luxe

La discrétion du groupe n'a d'égal que sa redoutable efficacité. D'ici la fin de l'année, Comoro Gulf Holding inaugurera la première phase de l'Itsandra Beach Hotel, anciennement le Touristique hôtel, situé au nord de Moroni. Un luxueux complexe d'une capacité de 23 chambres, une trentaine de bungalows, doté d'une marina, d'un bar et d'une salle de conférences. Dans un an, la deuxième phase gréera au complexe 50 chambres supplémentaires, deux piscines, une boite de nuit, un casino, un centre de plongée, une salle de sport, et deux cafés-bars. Coût total de l'opération : 12 millions de dollars.
Bachar Kiwan, grand magnat de la presse du monde arabe, souhaitait également "combler le déficit de communication et d'information au niveau local", selon Ahmad Jaroudi, directeur général de la holding. Un souhait aussitôt exaucé, puisqu'il y a deux mois sortaient dans les kiosques comoriens les 30 premières pages de l'hebdomadaire d'information général Albalad. Écrit en français et en arabe, imprimé au Liban, le support changera de périodicité pour devenir un quotidien dès le mois de janvier, lorsque la nouvelle imprimerie basée à Moroni, elle aussi propriété de la holding, sera opérationnelle, et de nouveaux magazines devraient fleurir les kiosques. "Ils ont débauché cinq de mes meilleurs journalistes", regrette le rédacteur en chef d'Al Watwan, l'organe de presse du pouvoir.

De plus, le gouvernement comorien vient de leur octroyer une licence complète pour tous les services de télécommunication. "D'ici trois mois, nous serons le deuxième opérateur sur le marché, avec une offre téléphonie mobile et internet", conclut le directeur général.
Ahmad Jaroudi est Libanais. L’homme a déjà une grande expérience de la finance internationale. Ancien membre de Gimco, une holding présente en France et au Liban, il a ensuite créé une des plus grandes sociétés immobilières du pays du Cèdre. "En 2005, j'ai quitté mon pays à cause des troubles politiques. C'est à ce moment qu'on m'a proposé de devenir directeur général de CGH".

"Faire de Moroni un hub aéroportuaire régional"

Conscient que les multiples activités du groupe suscitent la curiosité, il tient à prévenir : "Nous sommes des investisseurs, pas des politiciens. Nous ne représentons personne à part nous-mêmes. Ni la Ligue Arabe, ni le Koweït, tout le monde peut rejoindre notre capital. D'ailleurs, beaucoup d'Européens s'intéressent à nos activités. Il y a un potentiel vierge ici, avec une contrepartie, l'absence d'infrastructures, et donc un risque. Notre rôle est double. D'une part, nous essayons d'aménager des structures et un cadre qui soient propices aux investissements, et d'autre part nous proposons des partenariats de capital à tout investisseur qui se manifeste. De plus, nous faisons intervenir des opérateurs spécialisés pour chacun de nos projets. Enfin, nous n'agissons pas en envahisseurs puisque nous intervenons dans le cadre d'un accord signé en 2006 avec l'ancien chef de l'État, Azali, autour de cinq projets majeurs : la création d'une banque, le projet touristique du lac Salé, le port en eau profonde de Moroni, une activité de télécommunication et la création d'une compagnie aérienne".

Ainsi, la Banque fédérale des Comores devrait être livrée dans quelques mois. Avec un capital de 10 millions d'euros, elle proposera "toutes les activités et les services bancaires que l'on retrouve à travers le monde". "C'est un outil indispensable pour faire venir des investisseurs, car il va considérablement raccourcir les délais de transaction et favoriser la dynamique des projets locaux", commente M. Jaroudi. CGH aurait déjà recruté une vingtaine d'employés pour faire tourner son établissement bancaire, situé au coeur de la capitale, place de France.
"Faire de Moroni un hub régional". Si la déclaration peut prêter à sourire, les moyens consacrés par le consortium pour que la Grande Comore attire les majors de l'aviation commerciale mondiale imposent le sérieux. "Nous devrions être opérationnels d'ici trois mois. Il reste quelques points à éclaircir concernant les droits de trafic, mais nous avons déjà le premier des trois avions qui composera notre flotte de départ."
Et la stratégie est implacable. Deux avions pour une desserte régionale quotidienne entre Madagascar, Mayotte, la Réunion et Maurice qui captent et rabattent un flux de voyageurs vers Moroni, et un long courrier pour décoller vers Paris, Marseille ou Dubaï. L'Etat sera également de la partie, avec 25% des parts d'Air Comores International.


Un projet touristique pharaonique au lac Salé

Et si toutes ces ambitions et les sommes abyssales qu'elles nécessitent pour être réalisées peuvent donner le tournis au commun des mortels, elles ne sont rien en mesure du module phare de CHG : le projet touristique du lac Salé. Sept années seront nécessaires à la holding financière pour aménager, sur plus de 1.250 hectares, l'un des plus grands complexes touristiques de l'océan Indien. L'ambition est affichée, et les moyens prêts à y être consacrés. Rien que pour doter le site des infrastructures de base (eau, électricité, réseau routier…), CGH estime devoir débourser 200 millions de dollars.
Le module s'articule autour de quatre phases distinctes de réalisation. La première sera purement touristique, avec la création d'hôtels et de résidences locatives en bord de mer, comprenant l'aménagement d'une marina, de restaurants et de bars. La deuxième sera consacrée à la construction de résidences, la troisième à leur commercialisation. La quatrième est à la hauteur de la démesure des îlots artificiels de Dubaï : créer toutes les infrastructures nécessaires et superflues au développement de l'activité humaine. Des centres commerciaux, des hôpitaux, des commerces, des services… Au final, c'est une ville nouvelle qui devrait voir le jour au nord de Ngazidja. Les travaux devraient débuter d'ici six mois.

La holding donne apparemment des idées à ses concurrents. Le géant Dubaï World – dont la filiale Dubai Ports World est le troisième opérateur portuaire mondial - vient de racheter deux hôtels, le Galawa et le Maloudja pour 5 millions de dollars à l'Etat comorien. Une bouchée de pain. Les deux anciens édifices ont été rasés, et Dubaï World attend que l'assemblée de l'Union vote son agrément d'exploitation, accordé arbitrairement par le président Sambi, pour commencer les travaux. Enfin, des capitaux indiens sont à l'origine de la création de la toute nouvelle Exim banque, elle aussi située place de France.

L'afflux massif de ces capitaux étrangers oblige l'Etat comorien à définir le cadre juridique dans lequel il veut inscrire ces investissements étrangers, et nombreux sont ceux qui donnent de la voix pour prendre garde à ce que ces dispositions législatives garantissent un échange gagnant-gagnant.

La citoyenneté économique, une contrepartie politique exigée par ces généreux investisseurs ?

Tous les pays émergents ou en voie de développement, à plus forte raison insulaires, ont fait ou font l'objet des convoitises des capitaux étrangers. Cependant, ouvrir sans condition un pays aux investissements extérieurs comporte son lot de risques. La faiblesse de la structure étatique et juridique des pays en voie de développement est souvent favorable aux investisseurs cavaliers, qui profitent allégrement du manque de réglementation pour imposer leurs propres règles du jeu, au grand dam des populations locales. Blanchiment d'argent, plaque tournante de l'argent des trafics internationaux, multiplication des sociétés offshore au financement opaque, trop de pays insulaires (Bahamas, îles Caïmans, Jersey…) ont monnayé leur développement à ce prix.
En ce sens, l'Union des Comores se trouve aujourd'hui à l'aube d'un rendez-vous important avec sa propre histoire. Cette semaine, les parlementaires détermineront, par les paraphes qu'ils apposeront sur le texte de loi sur la citoyenneté économique, ce qu'est un investissement et dans quelle mesure il donne droit à cette fameuse citoyenneté. Au delà d'édicter les critères et d'infléchir les conditions qui définissent un "partenaire économique", cette loi va indirectement modeler le paysage économique des Comores de demain, car elle contiendra, selon les recommandations d'un rapport préliminaire, "une législation attractive et sécurisante propice aux affaires".

Une confusion totale entre citoyenneté économique et encadrement juridique des investissements

Pour certains, cette loi n'est qu'un outil que le gouvernement peut utiliser afin de lever des fonds pour réaliser des investissements structurels qui constitueront d'une part des avancées bénéfiques au confort de la population, mais aussi un gage de sécurité pour nombre d'investisseurs internationaux encore trop frileux. Monnayer, sous certaines conditions, la nationalité ou la citoyenneté est une technique qui a cours dans nombre de pays. Au Belize par exemple, pour obtenir cet avantage il suffit de consacrer 25% de son investissement dans un programme d'infrastructure nationale. Dans d'autres comme au Venezuela, il est demandé aux investisseurs de contribuer à des secteurs de l'économie locale, comme la pêche ou l'agriculture. Dans certains pays occidentaux, le versement d'une belle somme sur un compte longue durée peut aussi faire l'affaire. Dans le cas de l'Union des Comores, le projet dans sa forme originelle reste basique : vendre la nationalité. Une formule qui pourrait rapporter à l'Etat, selon des estimations du gouvernement, entre 100 et 300 millions de dollars.

La controverse autour de ce projet de loi, qui fait couler autant d'encre que de salive dans les trois îles de l'Union, est née de la proposition du président Sambi de vendre la citoyenneté économique à 4000 familles Bidounes, des apatrides koweïtiens (voir encadré), ce qui a suscité autant d'interrogations que d'inquiétudes. Interrogations d'abord, car pour beaucoup il s'agit de la contrepartie politique à la générosité de ces puissants acteurs économiques venus des pays du Golfe.

A CGH, on se défend de cette position : "Nous n'avons rien à voir avec cela. Ce projet de loi est arrivé deux ans après notre installation. Les gens font l'amalgame à cause d'une mauvaise communication politique sur ce dossier, ce qui nuit à notre image". Des affirmations relayées le 28 juillet dernier par l'ambassadeur du Koweït en Égypte, accrédité auprès de l'Union des Comores, qui a déclaré "qu'aucun officiel koweïtien n'a discuté avec des responsables comoriens sur le statut des Bidounes. Cette question n'a pas été soulevée ni par le ministre des Affaires étrangères koweïtien cheikh Mohammed Sabah Al-Sabah lors de sa visite en février, ni par l'ambassadeur".

Pourtant, les liens entre la holding et ces apatrides du Golfe seraient plus étroits qu'il n'y paraît. Selon un journaliste indépendant basé à Moroni, la délégation composée de 11 parlementaires qui se sont rendus au Koweït et à Dubaï du 10 au 14 octobre dernier pour une mission d'information aurait été totalement prise en charge par la CGH, qui aurait offert les billets d'avion et quelques cadeaux aux députés, comme des ordinateurs portables et des imprimantes.

D'après d'autres sources c'est effectivement le président Sambi qui, de sa propre initiative et ce au fil des rencontres qu'il a pu faire au cours de ses nombreux déplacements dans les pays arabes, aurait eu vent de la possibilité de vendre la nationalité, notamment aux apatrides du Koweït (voir encadré), pour renflouer les caisses de l'État.

L'affaire des Bidounes du Koweït sème la confusion

Inquiétudes enfin, car l'intégration de 4000 familles pourrait mettre en jeu l'équilibre démographique, sociétal et religieux de Ngazidja. En effet, personne ne sait de qui il s'agit, et d'aucuns craignent que cette communauté, si d'aventure elle devait s'installer dans les trois îles de l'Union, ne vive en autarcie. Plus grave, certains redoutent une montée du prosélytisme car le chaféïsme, courant modéré de l'islam et pilier de la société comorienne, est considéré comme trop "laxiste" par ces populations arabes.

Pour mettre fin à ces appréhensions, le président Sambi a récemment annoncé qu'une clause de non-résidence serait greffée à l'obtention de la citoyenneté économique. Une proposition d'autant plus incohérente qu'elle contribue à attiser la confusion. Toujours est-il qu'a Moroni, aussi bien la classe politique que les milieux d’affaires émettent de sérieuses réserves, pour ne pas dire une réprobation, quant à la gestion pour le moins controversée de ce dossier par le président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi.

Il reste que c'est une commission parlementaire qui est chargée de vérifier les conditions d'accès à la citoyenneté économique. Ces conditions seront normalement évolutives dans le temps selon les besoins de l'Etat. Pour l'heure, trois conditions seulement sont arrêtées et doivent être requises pour voir votre demande aboutir : avoir un casier judiciaire vierge, justifier d'un emploi sur les dix dernières années, et ne pas faire ou avoir fait partie d'un groupe terroriste. Plus étonnant encore, le dernier amendement en date du texte stipule qu'un investisseur étranger ne peut détenir de foncier… La confusion entre citoyenneté économique et encadrement juridique des investissements semble désormais totale.

En attendant, le vice-président de la Comoro Gulf Holding, Ali Kazma, vient d'annoncer l'acquisition par le groupe de deux hélicoptères et le lancement de la phase d'étude d'un projet d'aménagement de la corniche de Moroni pour en faire un espace de commerces et de loisirs, et des intentions de venir prospecter… à Mayotte.

Andry Rajoelina destitué par le Président malgache Ravalomanana

CLICANOO.COM | Publié le 4 février 2009

Organiser un spectacle pour booster une audience en perte de vitesse : c’est la dernière trouvaille de Andry Rajoelina, pour rattraper son retard dans sa tentative de conquête du pouvoir. Le concert donné par le groupe Rossy est prévu samedi prochain sur la place du 13 mai. Une occasion pour lui d’annoncer la composition d’un gouvernement insurrectionnel.

Andry Rajoelina n’est plus maire d’Antananarivo. L’arrêté ministériel de nomination d’un PDS (Président de délégation spéciale) en remplacement du maire est sorti hier après-midi. Ainsi s’achève le mandat du jeune premier magistrat de la Ville des Mille, élu le 12 décembre 2007 contre Hery Rafalimanana, candidat du parti présidentiel TIM. Le nouveau PDS s’appelle Guy Rivo Randrianarisoa, secrétaire général du ministère de la Décentralisation. Il était aussi conseiller spécial de M. Rajoelina pendant les cinq mois ayant suivi son élection. L’arrêté ministériel destituant d’office Andry TGV a été motivé par “des manquements dans la conduite de la mission de la commune, par exemple en ce qui concerne la gestion des ordures”. “On a voulu notifier (la décision) au maire mais il n’était pas là. Il a fallu prendre une ordonnance pour que les membres de la délégation spéciale puissent entrer dans les bureaux” a noté le Préfet Edmond Rakotomavo. Le document officiel est publié en milieu d’après-midi, pourtant dans la matinée, à l’occasion de son meeting sur la place du 13 mai, le désormais ex-maire a annoncé l’organisation samedi prochain, d’un grand concert de Rossy. Il s’agit d’un célèbre groupe malgache, bien connu à la Réunion pour s’être produit au festival Kabaréunion et à la dernière édition de Manapany Surf Festival. Ce chanteur engagé, anciennement conseiller culturel de Didier Ratsiraka a fait un come-back triomphal à Madagascar en 2007 après plusieurs années passées en France au lendemain des événements de 2002.

Nouveau gouvernement

L’annonce du concert de Rossy par Andry TGV a été accueillie par une salve d’applaudissements par les quelques manifestants présents sur la place du 13 mai hier. Elle se présente comme une vraie bouffée d’oxygène pour un mouvement à bout de souffle. En effet, les partisans de Andry TGV sont de moins en moins nombreux mais de plus en plus impatients. Une fois de plus ils ont crié “Iavoloha, Iavoloha, Iavoloha” pour dire qu’ils sont pressés d’installer leur poulain au palais présidentiel d’Iavoloha dans les plus brefs délais. Andry Rajoelina a déclaré par ailleurs que samedi, il sera aussi question pour lui d’annoncer la composition de son nouveau gouvernement. De même, “Les généraux et officiers de l’Armée qui ont décidé de rejoindre notre camp seront aussi présentés ici, à visages découverts et en tenue militaire” promet Andry Rajoelina. En attendant cette journée qui s’annonce riche en événements, il va visiter les autres régions en dehors de la capitale. “Je serai à Diego demain. Aussi, il n’y aura pas de rassemblement sur la place du 13 mai. Rendez-vous samedi, à la même heure au même endroit pour le concert géant avec Rossy qui va nous chanter Lera”. Le chanteur évoque dans cette célèbre chanson adressée initialement au régime de Zafy Albert, que l’heure (Lera) est venue pour le pouvoir en place de dégager pour faire place au… Raika Lahy Taloha ou Ratsiraka. C’était une sorte de prophétie du retour aux commandes de l’Amiral en 1992. Seize ans après, Rossy va-t-il changer ou non les paroles ? Mais une autre question se pose avant tout : le nouveau PDS qui remplace le maire et le Préfet de Police d’Antananarivo vont-ils autoriser la tenue de ce show ? That is the question.

Pana Reeve

Andry Rajoelina demande aux étrangers de ne pas sortir

“Les Tananariviens et notamment les étrangers en résidence dans la capitale sont priés de rester chez eux. La population n’acceptera jamais cette nomination de PDS et on ne sait pas comment elle va réagir. Chacun devra alors prendre ses responsabilités”. C’est en ces termes que le maire Andry Rajoelina a réagi à la nomination d’un PDS pour le remplacer, à l’occasion d’une conférence donnée en début d’après-midi. Andry Rajoelina n’a pas précisé à quelle menace la population s’expose-t-elle. Par ailleurs, il annonce la tenue d’un “sit-in” prévu devant le bureau de la mairie d’Antananarivo par les employés de la Commune.

Autre coup dur

Andry Rajoelina n’a pas eu gain de cause après de la Haute Cour Constitutionnelle où une demande relative au départ immédiat de Marc Ravalomanana a été déposée lundi à 18 h. Le président de cette institution, Jean-Michel Rajaonarivony évoque un vice de procédure en se référant aux dispositions de l’article 126 de la Constitution. Et de préciser “La compétence de la HCC se limite à la constatation de la vacance de la Présidence de la République après la mise en accusation par les deux assemblées (Assemblée nationale et Sénat) et le prononcé de la déchéance par la Haute Cour de Justice”.

mardi 3 février 2009

Air Mauritius: Baisse du prix du billet d’avion entre Rs 2 700 et Rs 7 000 jusqu’au mois de mars 2009

Jérôme Boulle [L'Express] - 02/03/09

Les compagnies aériennes se lancent dans une campagne de promotion. Les prix sur certaines destinations baissent de 20%.

Les compagnies aériennes s’organisent face à la crise financière. Elles viennent de prendre l’initiative d’effectuer une baisse des prix des billets d’avion sur plusieurs lignes pour les mois de février et mars.

L’objectif est d’encourager les Mauriciens à reprendre goût au voyage. En cette période de grande morosité économique, nos compatriotes se montrent peu enclins à dépenser des sommes importantes sur le voyage.

Les réductions offertes varient entre Rs 2 700 et Rs 7 000, soit environ 20 pour cent. Air Mauritius propose des billets à Rs 20 800 pour la destination New Delhi. Pour aller à Cape Town, le passager déboursera Rs 17 900. Le billet sur Johannesbourg passerait à Rs 14 800. Ces prix comprennent les taxes. Pour se rendre à Melbourne cela coûtera Rs 24 500 et, à Perth, ce sera 19 000, hors taxe.

Les autres transporteurs adoptent également la même démarche. Corsairfly proposera des billets Maurice-Paris-Maurice, taxe comprise, à Rs 28 000 au lieu de Rs 35 000 actuellement.

Toutefois, ces promotions sont limitées dans le temps. Elles prennent fin à la dernière semaine de mars de cette année, sauf pour celle sur le trajet Maurice-Paris-Maurice qui se termine le 21 février 2009.


lundi 2 février 2009

Les positions africaines vont se durcir sur les coups d'Etat

Addis-Abeba - 27/01/2009


Les dirigeants africains qui vont se réunir à Addis-Abeba la semaine prochaine devraient se pencher sur la résurgence des coups d'Etat militaires sur le continent et proposer, de toute urgence, de nouvelles mesures contre leurs auteurs, a annoncé un haut diplomate.

Le Commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA l'ambassadeur Ramtane Lamamra a indiqué que le Conseil de paix et de sécurité (PSC) du continent avait soumis une proposition à la Commission de l'Union africaine sur une série de mesures plus rigoureuses à prendre contre les auteurs des coups d'Etat.

"Les dirigeants africains vont se prononcer de manière individuelle sur cette question. Il s'agit d'un problème urgent et important pour l'UA. Ils vont donner leurs conseils à l'UA sur la manière de faire les choses", a déclaré l'ambassadeur Lamamra dans une interview exclusive accordée à la PANA lundi.

L'Afrique a été le théâtre de trois coups ou tentatives de coups d'Etat en quelques semaines l'année dernière et l'UA a estimé que le fait que ces évènements se soient produits au niveau d'une région particulière en Afrique en un laps de temps si court était l'expression d'un changement de la tendance politique, particulièrement en Afrique de l'Ouest.

L'ambassadeur Lamamra a déclaré que la résurgence des coups d'Etat en Afrique nécessitait une analyse approfondie de la part des organisations et des dirigeants d'Afrique, particulièrement après une tendance observée du continent à se diriger vers la démocratisation.

"Il nous faut une analyse approfondie sur cette question et sur la tendance politique en Afrique. Il y a eu une période durant laquelle la tendance générale était à l'uniformité du paysage autour de la démocratie et du pluralisme (la démocratie multipartite)", a déclaré un diplomate de l'UA. "Toute menace contre ce processus de démocratisation est un pas en arrière".

La Guinée est devenue un des deux états africains qui ont perdu leurs sièges à l'assemblée des chefs d'état de l'UA, après que le PSC a rapidement annoncé la suspension de ce pays d'Afrique de l'Ouest suite à un coup d'état perpétré quelques heures après le décès du président Lansana Conté.

La Mauritanie avait connu le même sort quelque temps auparavant, après que son haut commandement militaire s'empare du pouvoir des mains du président démocratiquement élu Cheikh Ould Abdallahi.

"Cette suspension est un message au reste des pays membres de l'UA et à la communauté internationale sur le sérieux de l'UA s'agissant de la protection de la démocratie en Afrique", a déclaré M. Lamamra.

Les experts souhaitent que l'UA adopte de nouvelles politiques traitant directement des auteurs de coups d'état et autorisant une série de mesures diplomatiques susceptibles de paralyser tout gouvernement non légitime.

"Le Conseil de paix et de sécurité s'est prononcé sur la question des coups d'état et a préconisé un agenda pour renforcer les doctrines de l'UA. Nous allons étudier ceci en tant que Commission avec l'aide des conseils des chefs d'état et d'autres personnes" a déclaré l'Ambassadeur Lamamra.

L'Afrique se base sur l'Acte Constitutif de l'UA, la loi suprême qui a créee l'UA et son secrétariat, appelée la Commission, pour autoriser la suspension des pays qui ne respectent pas les principes de la démocratie et de la bonne gouvernance.

Cet acte prévoit la suspension des acteurs de la scène politique, qui parviennent au pouvoir par des moyens violents ou tout autre moyen inconstitutionnel et dont les pays sont de fait exclus de l'UA, une mesure prise par l'UA pour exprimer clairement sa résolution.

Le Commissaire à la paix et la sécurité de l'UA a indiqué qu'assurer la sécurité de l'Afrique dans la perspective de l'UA consistait à diriger une brigade de pompiers, toujours prête à éteindre les brasiers pouvant éventuellement se déclarer.

"Nous tentons de faire comprendre qu'il ne faut pas allumer de feu, car si c'est le cas il faut pouvoir l'éteindre. En Afrique, il y a tant d'endroits qui brûlent que la Commission doit toujours faire le pompier", a déclaré M. Lamamra à la PANA.