lundi 2 février 2009

Les évêques d’Afrique australe réclament la démission de Robert Mugabe

ROME, Dimanche 1er février 2009 (ZENIT.org)

Les évêques catholiques d'Afrique Australe ont de nouveau pris la parole pour condamner les responsables de la grave situation de crise dans laquelle se trouve le Zimbabwe.

Une situation qui ne cesse d'empirer et qui a jusqu'ici poussé trois millions de personnes (presqu'un quart de la population) à aller chercher refuge au-delà des frontières du pays, alors que plus de la moitié des Zimbabwéens souffrent de pénurie alimentaire.

Ces faits sont rapportés à ZENIT par Anna Bonno, professeur d'histoire et des Institutions africaines à l'université de Turin et directrice du Département Développement humain du CESPAS, le Centre européen d'études sur la population, l'environnement et le développement, dans un compte-rendu de la situation actuelle au Zimbabwe.

Cette crise, économique et humanitaire, doublée d'une crise politique depuis la défaite du régime aux élections de mars et la réélection contestée de Robert Mugabe à la présidence en juin, menace de dégénérer ultérieurement, sous l'œil indifférent des responsables politiques qui, depuis 9 mois, se disputent le pouvoir.

L'inquiétude monte d'autant plus, explique Anna Bonno, que le Zimbabwe fait face à une épidémie de choléra qui, selon un dernier communiqué de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a déjà fait plus de 3000 morts et « reste hors contrôle ».

Après avoir passé en revue les raisons politiques qui sont à l'origine de la crise actuelle, et déplorant toutes les violences que celles-ci avaient occasionnées, Anna Bonno souligne que les évêques d'Afrique australe, par la voix de l'archevêque de Johannesburg, Mgr Buti Tlhagale, « ont formellement déclaré que la permanence au pouvoir du président Mugabe est ‘un acte illégitime' qui est en train de ‘provoquer un génocide' ».

« Les évêques, unanimes, commente Anna Bonno en citant les paroles de Mgr Tlhagale, demandent à Robert Mugabe de quitter le pouvoir immédiatement, et aux gouvernements de couper les ponts avec le président zimbabwéen ».

« S'ils ne le font pas, ces derniers seront complices d'une situation qui est en train de conduire le pays à la famine, à la maladie, à l'effritement de la société et à la mort des citoyens », a mis en garde l'évêque sud-africain, conclut Anna Bonno.

Isabelle Cousturié

Projet de création de la plus grande zone de libre-échange d’Afrique

Par Mary Kimani, 01/02/2009, In Afrique Renouveau, un magazine de l’ONU

Les dirigeants des pays d’Afrique orientale et australe se sont entendus en octobre 2008 sur un projet de constitution de la plus grande zone de libre-échange du continent. Le nouvel organisme se composerait de trois groupes régionaux existants –le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et la Communauté de développement de l’Afrique
australe (SADC).

Dans un discours prononcé lors d’un sommet économique à Kampala (Ouganda), le président du Kenya, qui dirige le COMESA, Mwai Kibaki, a expliqué que cette initiative répondait aux nouveaux défis auxquels se heurte le continent. «On a compris que nos pays n’étaient pas capables d’affronter séparément la concurrence sur les marchés mondiaux et que nos marchés étaient trop petits pour attirer des investisseurs importants, a-t-il déclaré. A ce stade, il est évident que nos groupes économiques régionaux doivent unir leurs efforts pour créer une unité commerciale adaptée à la nouvelle situation.» La nouvelle zone commerciale comptera 26 pays, depuis l’Afrique australe jusqu’à l’Egypte. Le produit national brut cumulé de ces pays s’élève à 625 milliards de dollars pour une population totale de 527 millions. Leurs dirigeants espèrent que ce nouveau mécanisme contribuera à accroître les échanges commerciaux entre leurs pays et leur permettra de disposer de meilleurs atouts dans les négociations commerciales internationales et d’attirer des investisseurs plus importants.

Commerce accru

Les échanges commerciaux entre certains de ces pays sont déjà en hausse. Les échanges entre les membres de la CEA (Kenya, Ouganda et Tanzanie) sont passés de 778 millions de dollars en 2004 à plus d’un milliard de dollars en 2006.

De même, les échanges commerciaux au sein du COMESA s’élevaient à 7,8 milliards de dollars en 2007, contre 4,5 milliards en 2002. Malgré cette croissance, les données de l’Organisation mondiale du commerce indiquent que les échanges entre pays africains n’ont représenté en 2006 que 8,9% de la valeur totale de leurs exportations. Pour comparaison, 51,2% des exportations asiatiques s’effectuent à l’intérieur de l’Asie et 24,3% des exportations des pays d’Amérique du Sud et centrale à l’intérieur de cette région. La Banque mondiale estime que la faiblesse des infrastructures, les barrières tarifaires et le niveau élevé des droits de douane freinent considérablement le développement des échanges commerciaux à l’intérieur de l’Afrique. Bien que depuis 1997 les tarifs douaniers moyens sur les importations entre pays africains soient passés de 21 à 17% environ du prix des produits, ce pourcentage demeure plus élevé qu’en Asie. Les routes y sont peu nombreuses et en mauvais état, et celles qui sont bien entretenues relient le plus souvent les régions riches en ressources naturelles aux ports, facilitant ainsi les exportations à l’étranger plutôt que vers les pays africains avoisinants.

Josephine Ouédraogo, à l’époque secrétaire exécutive adjointe par intérim de la Commission économique de l’ONU pour l’Afrique, a affirmé que l’intégration régionale –l’établissement de liens plus étroits entre les économies africaines– devrait pouvoir apporter une solution à ce problème. «Il nous faut repenser notre stratégie de développement de fond en comble», a-t-elle déclaré à l’occasion d’une réunion de 2007 sur la coopération régionale, «et nous servir de l’intégration régionale pour encourager et renforcer le niveau actuellement faible des échanges commerciaux intra-africains.» Le manque de moyens des économies africaines ralentit également les échanges commerciaux avec les partenaires extérieurs au continent. La part de marché de l’Afrique sur le plan mondial a chuté, passant de 10% dans les années 1960 à 2% en 2000. A l’inverse, la part de marché des pays d’Asie et d’Amérique latine et leurs recettes commerciales ont augmenté à mesure que ceux-ci ont remplacé l’exportation de matières premières (comme les grains de café ou le minerai de fer) par l’exportation de produits finis ou semi-finis. Mais de nombreux pays africains ont une faible population, une main-d’œuvre peu qualifiée ou un accès limité aux capitaux nécessaires pour développer leur capacité à produire des articles plus prisés à l’exportation.

Difficultés stratégiques

L’inégalité des degrés d’intégration des trois groupes régionaux et la diversité des réglementations commerciales qu’ils appliquent posent également problème. De plus, certains de ces pays appartiennent à plus d’un groupe et sont soumis à des contraintes contradictoires. La création d’une zone de libre-échange unique devrait régler ces difficultés. Une fois mise en place, une telle zone faciliterait le libre-échange des biens d’équipement entre tous les pays membres en franchise de douane. Les trois groupes devront toutefois fixer de nouveaux tarifs douaniers pour les biens manufacturés et les uniformiser. Il leur faudra également harmoniser les procédures douanières et frontalières. Le manque à gagner éventuel des plus petits pays qui commercent relativement peu mais comptent beaucoup sur les recettes engendrées ar les tarifs douaniers à l’importation est une autre préoccupation.

La levée des barrières commerciales entraînerait non seulement une diminution de ces recettes, mais risquerait aussi de provoquer la faillite de nombreux producteurs locaux, incapables de faire face à la concurrence des produits manufacturés moins chers en provenance de pays plus grands, comme l’Egypte, le Kenya et l’Afrique du Sud. En élaborant une «feuille de route» qui sera présentée aux chefs d’Etat dans six mois, un groupe d’experts examinera la manière dont ces problèmes pourraient être réglés. Le président sud-africain, Kgalema Motlanthe, a souligné à la réunion de Kampala l’importance de trouver des solutions à ces problèmes. «L’heure est venue pour le COMESA, la CEA et la SADC de réunir leurs programmes respectifs d’intégration régionale afin d’élargir nos marchés, de désentraver notre capacité de production, d’accroître le volume des échanges intra-africains et d’améliorer nos perspectives de développement.»

Sunil Boodhoo (directeur de l’Internal Trade Division) : « Sortons Maurice de la dépendance économique »

By Christina Vilbrin, 31st January, 2009

Les négociations entre Maurice et l’Europe sur l’ébauche d’un nouvel Accord de partenariat économique (APE) se poursuivent. En quoi consiste cet accord ? Éléments de réponses avec Sunil Boodhoo, ‘Deputy Director’ de l’Internal Trade Division du ministère des Affaires étrangères.

Maurice et ses collègues de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) sont toujours en négociation avec l’Union européenne sur les moda­lités d’un nouvel APE. Que nous ap­portera cet accord une fois finalisé ?

Maurice, qui est au sein de l’Eastern & Southern Africa, a conclu un accord intérimaire le 4 décembre 2007. Nous nous sommes mis d’accord sur un « rendez-vous clause » pour continuer les négociations sur le commerce de services, l’agriculture, les ‘trade related issues’, entre autres. Nous avions convenu de terminer ces négo­ciations en décembre 2008.

Malheureusement, nous n’avons pu le faire car il y avait plusieurs sujets à être finalisés. Toutefois, les négociations devraient prendre fin avant décembre 2009.

Cet accord met l’accent sur le déve­loppement. Nous sommes d’ailleurs en train de chercher des fonds additionnels auprès de l’Union européenne pour financer des projets à cet égard. Il faut aussi savoir que, quand on négocie un accord, c’est pour créer un encadrement propice pour le développement en général. Cela améliorera également l’accès aux marchés européens et, en même temps, créera les conditions nécessaires pour attirer les investisseurs européens sur notre sol.

Des experts étrangers ont rendu publique une étude sur les ‘traded related issues’ à l’initiative du ministère des Affaires étrangères. Quel en est l’objectif ?

Le but principal de cette étude est de prendre des positions informées dans nos négociations. L’autre objectif est d’identifier les contraintes qui existent à Maurice en ce qui concerne le développement des services, le développement lié à l’investissement, la propriété intellectuelle, la politique sur la concurrence, le marché public, le développement soutenable, la facilitation du commerce… afin de prendre des mesures pour pallier ces lacunes.

Croyez-vous que Maurice pourra bouger vers une économie compétitive et soli­de et ne plus dépendre des pré­férences commer­ciales ?

Nous pensons que le cadre légal et prévisible créé par l’APE, avec d’autres mesures, aidera Maurice à faire le saut entre une économie dépendante à une économie compétitive.

Où en sont les choses avec la création d’une zone de libre-échange de la SADC ?

Après la création d’une zone de libre-échange au niveau du Comesa, nous nous acheminons vers une union douanière. De même au niveau de la SADC, l’accord de libre-échange, lancé en 2008, permettra d’exporter nos produits et nos services sans barrière tarifaire vers les marchés de la ré­gion. Ce qui est un gros avantage pour Mau­rice, car normalement la région importe ses produits des pays tiers qui doivent, eux, s’acquitter des droits de douane. Il est important que le secteur privé soit plus actif sur ce marché et qu’Enterprise Mauritius élabore une stratégie d’exportation vers la région. Car la SADC et le Comesa repré­sentent à eux seuls un marché de plus de 500 millions d’habitants. C’est vous dire que c’est un marché énorme surtout en termes d’opportunités. À nous de les saisir.

dimanche 1 février 2009

Ma priorité: l'économie, declare le Premier ministre mauricien

Alors que le monde sombre dans une crise financière sans précédent et une récession mondiale est devenue presque inévitable, le gouvernement mauricien vient de rassurer la population mauricienne qu'il mettra tout en oeuvre pour consolider l'économie du pays.

Lors d'une conférence de presse qui a duré pendant trois heures - la plus longue jamais faite par un PM mauricien - le Dr Ramgoolam a été l'on peut plus clair: “Rien ne me fera dévier de ma priorité : l’économie. L’économie d’abord, le reste est secondaire. La récession globale, selon les experts, sera plus dure et plus longue. Le gouvernement et moi devons nous concentrer sur l’économie," a-t-il déclaré.

Expliquant sa démarche, Navin Ramgoolam a expliqué que les Etats-Unis sont en récession grave. Plus de deux millions de personnes ont perdu leur emploi.

“Malgré cela, Maurice n’est pas en récession. Notre performance en comparaison à ce qui se passe dans le monde est le fait que le pays a enregistré une croissance de 5,2% en 2008. Plus de 10 800 emplois ont été créés. En 2005, le taux de chômage était de 9,6%, mais 7,8% en 2008. L’investissement – Foreign Direct Investment (FDI) – plis ki banla en 5 ans”.

La performance économique, a ajouté le Dr Navin Ramgoolam, est significativement bonne – même qu’il y a une récession mondiale – comparativement à l’ancien gouvernement et il n’y avait pas de récession”.

“Nous étions prévoyants. Nous avons fait ce que d’autres pays ont fait bien après. Notre économie est résistante mais elle n’est pas immunisée. 95% de ce qui se passe est hors de notre contrôle. Vers la fin de décembre dernier, nous avons introduit un ‘additional stimulus package’ de Rs 10,9 milliards, soit 3,8 du PIB”.

La priorité du gouvernement, a expliqué le Premier ministre, est en premier lieu, de mitiger les effets de la récession mondiale et en deuxième lieu, préparer le pays à rebondir au plus vite après la récession.

“Nous avons mis sur pied deux comités et onze sous-comités pour suivre la mise en opération de ce ‘stimulus package’. L’accent sera mis sur trois secteurs clés – le textile, le tourisme et la construction. Dans mon message du nouvel an, j’avais dit que ma priorité est économique”.

Navin Ramgoolam devait expliquer que sa priorité économique est basée sur cinq aspects, à savoir la préservation d’emplois existants, continuer à créer de l’emploi, protéger le pouvoir d’achat, s’assurer qu’il y ait une croissance continue et s’assurer qu’il y ait un partage équitable de cette croissance.

“Le gouvernement est intervenu auprès de plusieurs firmes afin qu’elles ne mettent pas les gens à la porte. 2 500 emplois seront créés cette année dans le secteur informatique. La construction de nouveaux hôtels continue. Il y a certains qui sont en rénovation tandis que d’autres sont en expansion. Le tourisme est un secteur où nous pouvons agir très car nous avons déjà les compétences”.

Le gouvernement, selon le chef du gouvernement, va investir Rs 5 milliards dans la construction d’une marina à Rivière Noire. Plus de 118 villas seront attachées à ce projet qui débute en mars. Le gouvernement investira Rs 9 millions dans la formation du personnel. A Rodrigues, Rs 50 millions seront investies pour la construction d’un nouveau marché à Port Mathurin et pour la réfection des routes.

“A Maurice, mis à part le nouvel hôpital high tech Apollo – manquant déjà de ‘nurse’, ‘attendants’, de techniciens et de médecins – deux nouveaux hôpitaux universitaires seront bientôt en chantier. La rénovation de l’hôpital Dr.Jeetoo coûtera Rs 1,8 milliard”.

Le Premier ministre a annoncé que les négociations ont été finalisées pour le projet d’expansion de l’aéroport SSR en collaboration avec l’aéroport de Paris.

“Nous avions besoin d’un prêt de Rs 2 milliards que nous avons déjà finalisé avec Exim Bank de la Chine. Nous allons aussi investir dans le projet ‘Maurice île durable’. J’aurai des rencontres avec le professeur Joël de Rosnay à Paris. Le projet Tian Li est en chantier et des emplois seront créés. Cette année, nous allons attirer plus de FDI malgré ce qui se passe dans le monde actuellement. Le Dr Navin Ramgoolam a précisé que le précédent gouvernement “n’a réalisé qu’un milliard de roupies chaque année en terme de FDI et il n’y avait pas de récession. Nous prévoyons une croissance de 4,5% en 2009.

En ce qui concerne la préservation du pouvoir d’achat, le Premier ministre a rappelé que Maurice est un des rares pays au monde qui continue à maintenir les subsides quand un pays tel que l’Indonésie a déjà aboli les subsides. Idem pour les Seychelles.

“Chez nous c’est le contraire. Nous n’avons pas fait que maintenir les subsides, mais nous les avons augmentés. Pour la farine, ils sont sortis de Rs 400 millions pour atteindre Rs 700 millions, soit une augmentation de 75%. Le demi-kilo de farine se vend à Rs 5.85 quand il aurait dû être Rs 10.20. Nous avons augmenté les subsides sur le gaz – de Rs 300 millions à Rs 614 millions : la bonbonne se vendait à Rs 315; son prix est passé à Rs 300 millions. Nous fine change APM pou ki consomateurs bénéficier plus vite de la baisse des prix”.

Une nouvelle qui va faire plaisir à la population. Le Dr Navin Ramgoolam a annoncé la baisse du prix du ciment pour très bientôt.

Complot allégué contre Nirvan Veerasamy

En ce qui concerne la Independent Commission Against Corruption (ICAC), le Dr Navin Ramgoolam a expliqué que depuis, l’institution de la nouvelle ICAC en 2006 sous la direction d’Anil Kumar Ujoodha, de Mme Indira Manrakhan et d’Imrith, il s’est fait un devoir de laisser cette institution fonctionner en toute indépendance sans aucune ingérence.

“Je n’ai même pas fait de commentaire en public sur le travail de l’ICAC sauf quand je devais répondre à des questions au Parlement. Des réponses basées sur des faits. J’ai agi ainsi par principe. Tout comme le judiciaire, l’ICAC doit pouvoir travailler en toute liberté et en toute sérénité et non pas sous pression. Je suis au courant que les gens se plaignent de la lenteur de l’ICAC”.

Le Premier ministre a reconnu qu’il y a un problème avec la législation qui régit l’ICAC. Le directeur et les assesseurs de l’ICAC m’ont fait savoir “ki zote trouve li trop lourd”. Ils ont suggéré des amendements.

“Nous allons changer tout ça. Les résultats sont mieux qu’avant. De nombreuses enquêtes ont été enclenchées. Les enquêtes incluent même celles sur des personnes du PTr..."

Le Dr Navin Ramgoolam n’a pas voulu, Fact Finding Committee oblige, entrer dans les détails dans l’affaire d’allégations de complot contre Nirvan Veerasamy. Toutefois, il a tenu à apporter quelques précisions.

“Certaines personnes disent que ce n’est pas possible que cela s’est passé sans l’accord du Premier ministre. C’est moi et personne d’autre qui ai proposé à Nirvan Veerasamy d’accepter le poste de CEO à Air Mauritius...

"Si mo pas ti intéressé avec Nirvan Veerasamy mo pas ti pou alle guette li. Entretemps, Sanjay Bhuckory avait été nommé. Je dois avouer que Nirvan Veerasamy est venu me voir pour me dire qu’il y a un conflit entre Sanjay Bhuckory et lui. Il voulait se retirer. Cependant, je l’ai persuadé de rester. En 2006, il est venu me voir et il était très en colère car sa famille a été traînée dans des affaires de conflit. Il m’a dit que c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et qu’il n’a plus envie de travailler dans cette atmosphère à Air Mauritius”.

En ce qui concerne le “fameux tape”, le Dr Navin Ramgoolam a expliqué que c’est vers la fin du mois de septembre 2006 qu’il a pris connaissance de son existence.

Le Premier ministre a rappelé que Indira Manrakhan a droit à des explications et que c’est pour cette raison qu’un Fact Finding Committee a été institué.

A l'heure des questions (extraits)

Eviter le gaspillage, réduire le salaire des cadres?

Les gens croient qu’ils peuvent faire du gaspillage avec les fonds publics. Il est temps de changer de mentalité, nous devons tous faire un effort et arrêter de croire “parski l’argent pas pou li, li gagne droit faire n’importe quoi”

Avec le comité mis en place, chaque ministère doit répondre sur le gaspillage et sur les chiffres astronomiques sur certains items dans leur ministère. N’oublions pas qu’avec le Performance Based-Budgeting, la possibilité de gaspillage de fonds s’amoindrie.

Absence de l’Alliance Social au no 8

L’économie est prioritaire et tout devient secondaire. Nous sommes en train de concentrer notre énergie sur les problèmes dont nous faisons face actuellement. De ce fait, nous ne pouvons mobiliser nos efforts pour une élection partielle.

Confiance en ses proches

Dans politique on est toujours très seul. Je dois dire que j’ai très peu d’amis. Je préfère rentrer chez moi pour dîner avec ma femme au lieu d’aller dîner avec des amis.

Augmentation du prix du sucre

Le sucre est un très petit element du panier du Consumer Price Index. Deuxièmement, le problème est les planteurs et les petits-planteurs qui représentent 36%. Pourquoi faut-il accorder un subside aux planteurs quand le sucre est en train de baisser.

La troisième chose est le taux de diabète à Maurice. Nous devons de ce fait réduire notre dépendance du sucre et pour cela, nous devons changer notre mentalité.

Affaire Nirvan Veerasamy

Nous devons attendre pour que tous les faits soient établis avant de prendre toute décision, ce qui fait que dès que les résultats du Fact-Finding Committee me seront communiqués, je déterminerai les actions à suivre.

Stimulus package vs bail-out plan pour MK

Nous sommes en train de ‘monitor’ la situation. Comme j’ai dit, il y a des gouvernements qui sont en train de soutenir les compagnies aériennes privés et publiques dans leur pays, alors pourquoi ne devons-nous pas faire la même chose. Nous devons faire des efforts et le ministre Xavier Duval est également confiant que nous allons pouvoir redresser la barre de notre compagnie nationale. Néanmoins le bail-out a un prix et nous sommes conscients de ce que cela implique.

Nominés politiques

Il ne faut pas que parler, comme certains le font, de ‘l’état travailliste’, il faut aussi parler de l’état MMM. Ce qui est important, c’est d’apporter des changements. Nous sommes en train de donner des warning à une série de personnes.

Et vos ministres?

A maintes reprises j’ai dit que je n’ai confiance en personne et même en certains de mes ministres. Tous les matins, lorsque je fais mes prières, je demande à Dieu de me protéger contre les gens qui se trouvent autour de moi. Je n’ai pas peur de mes ennemis mais j’ai plutôt peur de mes proches.

Réforme électorale

En ce moment je suis en train de concentrer toute mon énergie sur l’économie mais ensuite viendra la réforme électorale qui me tient tant à coeur.

Relations diplomatiques avec Israël

Nous sommes tout à fait contre ce qui s’est passé à Gaza et nous sommes contre le fait que dles femmes et des enfants aint été massacré de la sorte.

Ainsi, nous avons décidé de ne pas laisser le consul israélien opérer dans le pays.

Démission réclamée du Board d'Air Mauritius?

J’ai parlé aux syndicalistes mais je préfère ne pas les rencontrer tout de suite parce qu’il y a un ministre de tutelle en la personne de Xavier Duval qui se charge du dossier et je ne veux guère provoquer une situation de conflit.

Maurice, Ile durable

Certes, j’ai confié ce projet aux soins du Deputy Prime Minister, le Dr Rashid Beebeejaun, car il a la capacité de faire du très bon travail. Néanmoins, je pense que nous allons devoir mettre en place des comités moins restreints.

Law & Order

Dans aucun pays au monde, on peut être satisfait du Law & Order si une personne meurt dans le pays, c’est déjà grave. Nous sommes certes en train de prendre des actions à ce niveau .

ANGOLA • L'Eldorado africain des Brésiliens

Attirés par les opportunités économiques, ils sont plus de 20 000 à avoir quitté le Brésil pour s'installer dans l'un des pays les plus dynamiques du continent.

La TAAG, compagnie aérienne angolaise, vient de décider de passer de trois à cinq vols hebdomadaires entre Rio de Janeiro et Luanda. L'entreprise qui, en 2005, ne proposait qu'un vol hebdomadaire, traverse l'Atlantique presque quotidiennement avec des avions remplis de Brésiliens à la recherche d'opportunités sur le sol africain. Il suffit de regarder les chiffres. Le commerce entre le Brésil et l'Angola a cru de 500 % entre 2004 et 2007. De janvier à août 2008, les exportations brésiliennes vers l'Angola ont dépassé 1 milliard de dollars [778 millions d'euros], montant équivalant aux exportations pour l'ensemble de l'année 2007. Même la crise internationale ne paraît pas de nature à freiner cette progression.

Détruite par vingt-six années de guerre civile, l'Angola connaît aujourd'hui un processus intense de reconstruction. En 2008, sa croissance (21 %) a été l'une des plus fortes du monde. Et les prévisions pour l'année en cours restent au-dessus de 15 %. "Il y a tout à faire", confirme Ronaldo Chaer, le président de la chambre de commerce et d'industrie Brésil-Angola. Près de 20 000 Brésiliens se sont récemment installés en Angola, selon les estimations de l'Association des entrepreneurs et exécutifs brésiliens en Angola (AEBRAN). "Ils sont nombreux à monter leur propre affaire", affirme Alberto Esper, président de l'AEBRAN. En effet, le nombre d'entreprises liées à des Brésiliens en Angola est proche de la centaine. Les relations commerciales entre Brésiliens et Angolais sont variées. Elles vont des feuilletons télévisés aux jus de fruits, en passant par les vêtements, les shampooings (les Angolais ont une préférence pour celui qui est parfumé à l'avocat) et les médicaments. Les Brésiliens ont pour concurrents directs les Chinois.

"Mais nous parlons la même langue que les Angolais et nous avons des structures locales pour accueillir les possibles réclamations et suggestions des clients", explique Mme Damaris Eugenia Avila da Costa, gérante de la société d'exportation de vitres Braseco. Chef d'une entreprise de fabrication de boissons alcoolisées, Ana Clara Arantes débarque une fois par mois à Luanda avec 20 containers de 20 000 litres chacun. Mais, parce que le port est congestionné, il faut souvent deux semaines pour décharger le navire et deux autres pour franchir la douane. Autre obstacle à ses affaires : les fréquentes coupures d'électricité. Mais la présence de nombreux compatriotes aide souvent à résoudre les problèmes.

Il y a deux ans, le consultant Breno Moreira Leite s'est rendu à Luanda pour y monter un centre de fitness. Le travail a duré près d'un mois, ce qui lui a suffi pour s'attacher au pays. "Il y a des résidences fermées, où les infrastructures et la sécurité sont assurées", affirme-t-il. Enfin, la présence d'Angolais sur le sol brésilien génère également des dividendes. La Télévision publique de l'Angola (TPA) enregistre à Rio le feuilleton Minha Terra, Minha Mãe (Ma terre, ma mère), avec un casting angolais et brésilien. "Ils adorent les feuilletons brésiliens", souligne l'actrice brésilienne Julia Lund, qui participe au tournage.

Mais tout n'est pas si simple dans cet eldorado africain et les obstacles sont nombreux pour les entrepreneurs qui s'aventurent dans ces terres : bureaucratie, corruption, difficulté d'obtenir des permis de travail, etc. Ainsi Adriano Amui, directeur d'Invent, entreprise de formation aux métiers du commerce, s'est récemment rendu en Angola pour identifier les possibilités d'y ouvrir une agence, mais a fini par y renoncer. "La création d'entreprises indépendantes demeure complexe, à cause de la bureaucratie et des questions culturelles", reconnaît-il. D'autres entrepreneurs ont rencontré des problèmes similaires. "Il est fréquent que des ministres soient engagés dans les grands projets, ce qui provoque un réel trafic d'influence", explique un entrepreneur qui préfère rester anonyme. Mais les Brésiliens demeurent optimistes. "Le gouvernement cherche à diversifier les investissements afin de créer une économie solide, qui ne dépendrait pas seulement du pétrole et des diamants", ajoute Alberto Esper. Tant qu'il y aura du travail, seul l'Atlantique séparera le Brésil de l'Angola.